Dieselgate: Après VW, Fiat et Renault, PSA soupçonné de fraude en France

ECONOMIE Les enquêteurs évoquent chez le groupe automobile une «stratégie globale visant à fabriquer des moteurs frauduleux, puis à les commercialiser», selon «Le Monde»…

20 Minutes avec AFP

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Le logo de Volkswagen

Le logo de Volkswagen — KAZUHIRO NOGI / AFP

La répression des fraudes soupçonne PSA de « stratégie frauduleuse » pour faire passer les tests antipollution à ses moteurs diesel en France, rapporte ce vendredi Le Monde, ce que le groupe automobile a vigoureusement démenti.

Ces révélations s’inscrivent dans le cadre d’une enquête judiciaire visant PSA, conduite depuis avril par des juges d’instruction, pour des soupçons de tromperie dans cette affaire du « dieselgate ».

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PSA « dément toute stratégie frauduleuse »

Le constructeur allemand Volkswagen, le français Renault et l’italo-américain Fiat-Chrysler sont déjà dans la mire de la justice française pour des faits similaires. Les enquêteurs évoquent chez le groupe automobile une « stratégie globale visant à fabriquer des moteurs frauduleux, puis à les commercialiser », selon Le Monde qui cite un rapport de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes).

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Selon la DGCCRF citée par le quotidien, quelque 1,9 million de véhicules diesel de génération Euro5 (norme en vigueur jusqu’en 2015), « dont le moteur fonctionne selon les stratégies frauduleuses » ont été vendus par PSA entre septembre 2009 et septembre 2015 en France.

De son côté, le constructeur « dément toute stratégie frauduleuse et réaffirme avec force la pertinence de ses choix technologiques », a réagi la société (marques Peugeot, Citroën et DS) dans un communiqué transmis à l’AFP. PSA « n’a pas été contacté par la justice » et « s’indigne de la transmission d’informations à des tiers sans qu’il ait eu de son côté accès au dossier transmis par la DGCCRF au parquet, ce qui lui interdit jusqu’à présent de faire valoir ses arguments ».

Des véhicules équipés de « calculateur de contrôle moteur »

Le cœur de la fraude présumée repose sur les niveaux d’oxydes d’azote (NOx), gaz nocif émis par les moteurs diesel et coûteux à dépolluer.

Selon le journal, « les moteurs étaient paramétrés selon deux modes de fonctionnement : un mode " LowNox" qui "abaisse les NOx mais augmente la consommation et réduit le brio [reprise] du véhicule" et un mode "LowCO2" qui "réduit la consommation, favorise le brio mais augmente de manière significative les NOx" ».

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Les véhicules « étaient équipés d’un "calculateur de contrôle moteur" qui permettait d’activer exclusivement "le mode LowNox" pendant le test d’homologation » et "majoritairement" le mode LowCO2 "en condition de vie client" », poursuit-il.

Chute du titre

Dans son communiqué, PSA souligne avoir « expliqué à de multiples reprises sa stratégie de réglage moteurs. Celle-ci est basée sur les comportements de ses clients en vie réelle. Elle privilégie les faibles émissions d’oxyde d’azote (NOx) en ville tout en assurant le meilleur équilibre NOx/CO2 sur route ». L’action Peugeot souffrait ce vendredi à la Bourse de Paris, son cours chutant de plus de 4,3 % à 12h45 dans un marché en légère baisse (-0,3 %). Le titre pâtit également d’une baisse de recommandation par des analystes.

PSA a en outre dit se réserver « le droit de porter plainte pour violation du secret de l’instruction et des obligations de confidentialité des autorités ». Les juges d’instruction enquêtent sur des faits présumés de « tromperie sur la qualité substantielle et les contrôles effectués avec cette circonstance que les faits ont eu pour conséquence de rendre les marchandises dangereuses pour la santé de l’homme ou de l’animal ».