Une voiture autonome Google Car à Mountain View, en Californie, le 8 janvier 2016.
Une voiture autonome Google Car à Mountain View, en Californie, le 8 janvier 2016. - Noah Berger / AFP

AUTOMOBILE Plusieurs études mettent en avant la forte réduction des accidents de la route avec ces véhicules…

Les accidents de la route ne sont pas sans conséquence sur l’économie française. Selon le bilan 2015 de l’observatoire interministériel de la sécurité routière, les accidents (corporels et matériels) représentent un coût annuel de 32,8 milliards d’euros, ce qui équivaut à 1,5 % du PIB du pays. Pour arriver à ce chiffre, l’observatoire additionne plusieurs éléments : la perte de production liée à la personne décédée (environ 3 millions d’euros par défunt), le coût des hospitalisations mais aussi le coût des dégâts matériels (assurance, réparation).

Cette perte pourrait-elle être réduite grâce aux voitures autonomes ? Une récente étude de la société Expert Market (en partenariat avec Global Positioning Specialists) affirme que la généralisation de ce type de véhicule conduirait à une diminution de 90 % des coûts liés à l’insécurité routière. Ce raisonnement se base notamment sur une étude du Boston Consulting Group, qui prévoit une réduction drastique des accidents de la route à l’horizon 2030.

Une prime d’assurance en baisse ?

Pour Stanislas de Vittorio, président du site Assurland, « la question n’est pas de savoir si la généralisation de la voiture autonome va arriver, mais quand cela va arriver. Il y aura sûrement des étapes intermédiaires, mais il y a très peu de doutes sur l’issue ».

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Plusieurs compagnies d’assurances anticipent déjà ce changement en proposant des contrats spécifiques pour les voitures semi-autonomes. « Si les technologies réduisent le coût des accidents, mécaniquement la prime versée aux assureurs doit diminuer », poursuit le spécialiste.

Mais selon Flavien Neuvy, directeur de l’observatoire Cetelem de l’automobile, « avant de parler d’une baisse éventuelle des assurances, la principale question sera d’établir les nouvelles responsabilités en cas d’accident d’une voiture autonome. » L’économiste poursuit son raisonnement : « Qui devra payer ? Le constructeur ? L’équipementier automobile qui a fourni le capteur défaillant ? Le concessionnaire autoroutier qui n’a pas bien entretenu la chaussée ? Ou bien le chauffeur ? ». Les quelques incidents très médiatisés des voitures autonomes ont montré que la réponse était loin d’être évidente.

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Attention au piratage

Mais si la voiture autonome permet de réduire certains risques, d’autres pourraient émerger. En 2015, un rapport du Sénat américain s’inquiétait des risques de piratage informatique des véhicules connectés, estimant qu’aucun modèle n’était à l’abri.

Selon Stanislas de Vittorio, « il n’y a pas eu de prise de conscience de ce problème car il n’y a pas encore eu de drames. Si un jour une voiture se crashe après avoir été piratée à distance, les constructeurs et assureurs seront dans l’obligation de réagir ».

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Enfin, l’essor de ces véhicules pourrait bouleverser l’économie de l’industrie automobile. « C’est une des craintes des industriels, reconnait Flavien Neuvy : si les voitures sont autonomes, elles seront peut-être plus facilement partageables, et il faudra peut-être en produire moins. » Le spécialiste émet deux réserves, qui vont dans le sens d’une hausse de la production : « La voiture autonome servira par exemple aux personnes âgées qui ne peuvent plus conduire. Il y a également des besoins croissants de mobilité dans les pays émergents, avec l’augmentation de la population mondiale ».

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