Le sauvetage d'un pays n'est pas une décision "qu'on prend du jour au lendemain" et Madrid analysera "avec calme et prudence" les conditions d'un éventuel recours au fonds de secours européen, a affirmé vendredi la porte-parole du gouvernement espagnol Soraya Saenz de Santamaria.
Cette décision a "des implications importantes pour notre pays et notre avenir et donc, le gouvernement l'analysera avec rigueur, en détails, et en soupesant chaque élément", a-t-elle ajouté.
"Ce ne sont pas des décisions qu'on prend par dessus la tête ni du jour au lendemain", a-t-elle souligné.
"Et c'est ce que nous allons faire, analyser quelle est la meilleure décision pour l'avenir des Espagnols et pour l'intérêt général".
L'Espagne veut connaître les conditions auxquelles elle devra se soumettre avant de demander un plan de sauvetage, avait peu avant rappelé le ministre espagnol des Affaires étrangères José Manuel Garcia Margallo, en insistant pour que les mesures annoncées par la Banque centrale européenne (BCE) "entrent en pratique rapidement".
La BCE a annoncé jeudi le rachat illimité des obligations souveraines de maturités allant d'un à trois ans pour les pays de la zone euro qui le demanderont, mais sous certaines conditions strictes dont une demande officielle d'aide des pays aux fonds de secours européens.
Ces décisions, annoncées par le président de la BCE, Mario Draghi, ont été saluées par les marchés et ont provoqué une baisse des taux d'intérêt des obligations espagnoles.
Le pays, qui doit faire face à une échéance de dette de quelque 30 milliards d'euros en octobre, tente de rassurer les marchés et ses partenaires européens, et s'est engagé à économiser 102 milliards d'euros d'ici à fin 2014.
Mme Saenz de Santamaria a annoncé que le gouvernement adopterait son projet de budget 2013 le 27 septembre, avant de le soumettre à la Chambre des députés où il dispose d'une majorité absolue.
"Ce sera aussi un élément très important pour continuer sur la voie de consolidation budgétaire", a-t-elle ajouté alors que l'Espagne a promis de réduire son déficit public de 8,9% fin 2011 à moins de 2,8% en 2014.