Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble s'est déclaré convaincu, vendredi à Stockholm, que la Banque centrale européenne ne s'était pas lancée dans le financement de la dette des Etats en annonçant la veille un nouveau plan de rachat de dette des Etats.
Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble s'est déclaré convaincu, vendredi à Stockholm, que la Banque centrale européenne ne s'était pas lancée dans le financement de la dette des Etats en annonçant la veille un nouveau plan de rachat de dette des Etats. - Miguel Riopa afp.com

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Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble s'est déclaré convaincu, vendredi à Stockholm, que la Banque centrale européenne ne s'était pas lancée dans le financement de la dette des Etats en annonçant la veille un nouveau plan de rachat de dette des Etats.

«Ce n'est pas le début d'un financement monétaire de la dette publique. Ce ne serait pas acceptable, mais ce n'est pas cela», a déclaré Wolfgang Schäuble lors d'une conférence de presse.

Une presse allemande trop nerveuse

Il a déploré que la presse allemande se soit montrée «très nerveuse» en critiquant la BCE.

Il a particulièrement relevé l'argument selon lequel, en ne se fixant pas de montant limite dans son intervention sur les marchés, l'institution de Francfort risquait d'aller trop loin et de perdre le contrôle de l'inflation.

«Il y a des incompréhensions. Je vous donnerai un exemple: bien sûr que la BCE n'a pas annoncé de montant. S'ils annonçaient un montant, ou quoi que ce soit, cela permettrait de spéculer», a-t-il analysé.

La décision de la BCE d'aider les Etats de la zone euro à maintenir des coûts d'emprunt raisonnables a été éreintée par une partie de la presse allemande, relayant des critiques de la banque centrale allemande.

Wolfgang Schäuble y a vu du sensationnalisme. C'est bon pour les gros titres», a-t-il estimé.

Une BCE indépendante, digne de confiance

Le ministre a salué et défendu l'indépendance de l'institution, et rappelé qu'«en tant que ministre des Finances, on ne commente jamais les décisions de la BCE».

«Nous avons une Banque centrale européenne indépendante et nous faisons confiance à cette banque centrale», a-t-il souligné. Car selon lui «si la Banque centrale européenne est un outil pour les responsables politiques, alors la bataille est perdue"»

«Le mandat de la BCE est clairement limité à la politique monétaire. Et la décision que la BCE prend rentre dans le cadre de la politique monétaire, rien d'autre. C'est bien ainsi. Ils savent très bien ce qu'ils ont à faire», a insisté l'Allemand, en déplacement pour une conférence sur le modèle allemand et l'économie suédoise.

«Je pourrais vraiment vous expliquer, si j'étais de la banque centrale, pourquoi leur décision est dans le cadre de leur mandat. Mais je ne suis pas porte-parole de la BCE», a-t-il lancé.

Le ministre a rappelé les efforts à faire pour les gouvernements de la zone euro, soulignant que «tous les Etats membres doivent augmenter leur compétitivité».

«On ne peut surmonter la crise qu'en résolvant les problèmes à la racine (...) Ce n'est pas une question de pas assez de solidarité», a-t-il répondu à un journaliste qui lui demandait si l'Allemagne comptait débourser plus pour aider les Etats en difficulté.

Il a aussi appelé à ne pas concentrer toute l'attention sur la zone euro.

«Les marchés n'arrivent à penser qu'à un seul problème à la fois", et si cette crise était résolue "je suis sûr qu'ils trouveraient un autre problème à propos duquel il faut être très inquiet».

«Je suis convaincu que les problèmes sont pires dans d'autres régions du monde», a lancé Wolfgang Schäuble.