Outre-Mer: Le gouvernement s'attaque au coût de la vie chère

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Publié le 5 septembre 2012.

ECONOMIE - Malgré cette nouvelle régulation, Victorin Lurin se défend de tout «soviétisme»...

«Nous allons instiller une dose de concurrence supplémentaire». Avec son projet de loi contre la vie chère, présenté mercredi matin en Conseil des ministres, Victorin Lurel compte bien mettre à mal «les prix abusifs» qui sapent le pouvoir d’achat des ultra-marins et ont entraîné ces dernières années des troubles sociaux en Guadeloupe, à la Réunion et à Mayotte l’an dernier. «Cette boîte à outils» examinée dès la fin septembre par le Parlement promet de combattre ces pratiques qui n'auraient pas pu être traitées par la voie de la négociation ou par des incitations. Elle se veut ainsi la réponse à l’engagement de François Hollande durant la campagne présidentielle de lutter «sans concession contre les monopoles et les marges abusives.»

>> Témoignages: Habitants d'Outre-mer, racontez-nous la vie chère

Changements structurels

Concrètement, le dispositif permet d'imposer à la grande distribution des changements structurels dans la filière qui auraient été impossibles en vertu du droit de la concurrence actuel. L'Autorité de la concurrence pourra ainsi imposer la résiliation d'accords limitant la libre concurrence ou forcer la cession de surfaces. Le dispositif comprend une nouvelle infraction du droit de la concurrence pour réprimer les accords exclusifs d'importation et un abaissement du seuil du contrôle administratif des rachats de grandes surfaces, limitant ainsi la création d'acteurs dominants outre-mer. Mais ce texte fait déjà de nombreux mécontents. Le patronat local qui dénonce une économie planifiée, Victorin Lurel se défend lui de tout «soviétisme», mais aussi les syndicats. Contacté par 20 Minutes,  Elie Domota, le porte-parole de l'Union générale des travailleurs de Guadeloupe (l'UGTG), regrette l’absence «de réponses immédiates».

>> «On peut dire que les Mahorais ont été arnaqués»

Une étude de l’Insee de juillet 2010 soulignait que les prix étaient plus élevés de 13% en Guyane ou de 6% à la Réunion par rapport à la métropole, pour des revenus moyens inférieurs de 38%. Des écarts imputables surtout aux produits alimentaires, un des premiers postes de consommation des ménages. Ainsi, leurs prix étaient près de 40% plus chers en Guyane, de 30% en Martinique, de 22% en Guadeloupe et de 24% à la Réunion par rapport à la métropole. «On n’arrive pas à s’expliquer ces écarts», tempête le ministre qui dénonce les opacités dans la formation des prix.

>> L'étude de l'Insee est à découvrir par ici

Les carburants dans le collimateur

Quant aux carburants, le repli jusqu’à six centimes annoncé dans l’Hexagone par le gouvernement ne s’est traduit jusqu’ici que par un gel dans les DOM. De baisse, il n’est pas encore question. Au cours d’une conférence de presse, le ministre s’est à de nombreuses reprises interrogé sur les marges des distributeurs outre-mer, qui atteignent jusqu’à 12 centimes d’euros par litre contre un centime en métropole. A terme, si les efforts engagés ne se traduisent pas par un reflux des prix à la pompe, il n’a pas exclu, par exemple, aux Antilles, que les stations soient approvisionnées par de l’essence en provenance des Etats-Unis ou des pays voisins et non plus depuis la France. Idem pour d’autres produits de la vie quotidienne. «Il faut s’émanciper de la mono-directionnalité des échanges», estime Victorin Lurel.

Mathieu Bruckmüller
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