Réduction du nucléaire à 50%: La promesse Hollande tient-elle la route?

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Publié le 5 septembre 2012.

ENERGIE – Sur l’ensemble de l’électricité produite en France, 78% est d’origine nucléaire. Est-il possible d’abaisser cette part à 50% en 2025? Oui, selon RTE, mais sous certaines conditions…

Après le Grenelle de l’environnement, la conférence environnementale. Cet événement se tiendra la semaine prochaine, les 14 et 15 septembre précisément. Son objectif: «arrêter la méthode du grand débat national sur la transition énergétique», dixit le ministère de l'Ecologie, pilote de la manifestation. Rappelons que François Hollande avait promis, lors de sa campagne électorale, de réduire à 50% la part du nucléaire dans la production d’électricité en 2025. Elle est aujourd’hui de 78%.

Rénover 400.000 logements par an

Cette proposition est-elle seulement possible? Pour Réseau de transport d’électricité (RTE), la réponse est oui, mais sous certaines conditions. C’est ce que démontre l’un des scénarios élaboré par l’entreprise, baptisé «Nouveau mix».

Première nécessité: maintenir la hausse de la consommation en électricité à +0,3% par an. Ce qui nécessite de multiplier l’installation de nouvelles technologies afin de garantir une meilleure efficacité énergétique. Parmi les mesures à mettre en place, notons par exemple la rénovation thermique de 400.000 logements par an, l’installation de davantage de pompes à chaleur géothermiques, une plus large diffusion des LED, etc.

Il faudrait ensuite faire évoluer considérablement le paysage énergétique français pour le faire passer d’un ratio de couverture en énergies renouvelables de 13% à l’heure actuelle à 33,6% en 2025. Parmi les priorités: développer très fortement l’éolien (32,5 GW en 2025, contre 6,7 au 1er janvier 2012) et le photovoltaïque (20 GW contre 2,4). Rappelons qu’en l’état actuel, la puissance installée en photovoltaïque devrait atteindre 5 GW en 2017, selon RTE.

Quelle acceptation des riverains?

Dernier impératif pour parvenir à l’objectif de 50%: investir massivement dans les réseaux de transport d’électricité et dans les interconnexions, comprenez les équipements permettant à la France de s’approvisionner chez ses voisins européens. «La capacité maximale d’import devrait être portée à 18 gigawatts, il faudrait donc réaliser, dans les 15 ans qui viennent, trois plus d’interconnexions que ce qui a été fait pendant les 20 dernières années», détaille Dominique Maillard, président du directoire de RTE.

Et de poursuivre: «Je rappelle que les procédures administratives pour les projets de lignes à très haute tension peuvent prendre plus de 10 ans… Si les réseaux ne sont pas au rendez-vous, les objectifs seront difficiles à atteindre. Nos voisins allemands le comprennent déjà, puisqu’ils prévoient la création de 4.000 km de lignes à très haute tension».

Quel serait le coût de tous ces investissements? Dans son bilan prévisionnel, RTE ne le chiffre pas, sa mission étant de vérifier l’adéquation physique entre l’offre et la demande. Si les difficultés de financement pointent déjà le bout de leur nez, elles ne sont pas les seuls obstacles selon RTE, qui insiste surtout sur «les conditions d’acceptation des riverains».

Reste en effet à savoir si les ménages seront prêts à accepter de nouvelles lignes au-dessus de leurs têtes ou des éoliennes à deux pas de leurs maisons…

Céline Boff
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