La garantie de l'Etat au CIF n'affectera pas les contribuables, a assuré dimanche le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, qui a estimé que le système financier français était globalement solide, au lendemain de l'annonce de ce sauvetage, le premier depuis celui de Dexia.
La garantie de l'Etat au CIF n'affectera pas les contribuables, a assuré dimanche le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, qui a estimé que le système financier français était globalement solide, au lendemain de l'annonce de ce sauvetage, le premier depuis celui de Dexia. - Jacques Demarthon afp.com

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La garantie de l'Etat au CIF n'affectera pas les contribuables, a assuré dimanche le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, qui a estimé que le système financier français était globalement solide, au lendemain de l'annonce de ce sauvetage, le premier depuis celui de Dexia.

"L'Etat a pris ses responsabilités en donnant sa garantie mais comme cet établissement dispose de fonds propres, l'argent des contribuables ne sera pas mis en cause", a expliqué le Premier ministre, invité de l'émission "Tous politiques" de France Inter/AFP/Le Monde.

L'Etat a été contraint d'intervenir pour éviter la faillite au Crédit Immobilier de France en annonçant samedi soir qu'il accordait sa garantie financière à cet établissement spécialisé dans les prêts immobiliers aux particuliers et lié au mouvement HLM.

Cette garantie s'élève à hauteur de 4,7 milliards d'euros, selon une source proche du dossier, tandis que le journal Les Echos à paraître lundi la chiffre à plus de 20 milliards d'euros. Le CIF dispose de 2,4 milliards de fonds propres et gère un encours de 33 milliards d'euros.

En contrepartie, l'établissement ne produira plus de nouveaux crédits et s'acheminera donc vers l'extinction car son "modèle financier ne permettra pas à la banque de poursuivre ses activités" selon Bercy, d'autant que c'est une exigence de la Commission européenne qui doit donner son accord à ce plan de garantie publique.

Le CIF, qui s'est dit "reconnaissant" envers l'Etat, a indiqué dimanche dans un communiqué que cette garantie lui permettrait "de respecter l'ensemble de ses engagements financiers".

A la tête d'une cinquantaine de succursales disposant de 300 agences, il compte désormais "consacrer toute (son) attention aux conséquences économiques et sociales de cette situation nouvelle", sans fournir plus de précisions.

C'est un cas "très important parce que c'est aussi le financement du logement", a déclaré M. Ayrault dimanche.

Le système financier français "globalement" solide

Le Premier ministre a en outre estimé que le système financier français était "globalement" solide, mais que certains établissements posaient "problème" sans détailler s'il y en avait d'autres, outre Dexia et le CIF.

Pour l'Association française des usagers des banques (Afub), qui dresse le parallèle avec Dexia, la garantie publique est un "pari très risqué" et elle craint que Bercy ne soit "conduit à mettre la main à la poche du contribuable".

A l'automne 2008, l'Etat français, aux côtés de l'Etat belge, avait apporté sa garantie à Dexia afin de lui permettre de continuer à se financer sur les marchés, dans l'attente de son démantèlement complet.

Mais l'Etat n'a pas eu jusqu'à présent à exercer sa garantie, c'est-à-dire à se substituer à l'entreprise pour honorer ses engagements.

En ce qui concerne le CIF, "les gens remboursent leurs prêts immobiliers et si tout se passe bien, à la fin l'actif et le passif s'équilibrent, sachant qu'avec 2,4 milliards de fonds propres, l'établissement dispose d'une marge de manoeuvre suffisante s'il devait y avoir des pertes", selon Bercy.

Le CIF a été acculé par la décision de l'agence de notation Moody's de baisser de trois crans sa note, lui fermant l'accès au financement sur les marchés. Or, le groupe n'a pas de dépôts et dépend donc étroitement des marchés pour se financer.

Le départ vendredi soir de l'ancien dirigeant Claude Sadoun, critiqué pour sa gestion du dossier, a décidé l'Etat à intervenir, qui en avait fait un préalable.

"Le ministre de l'Economie et des Finances a rencontré l'actuel responsable (Claude Sadoun) qui, si j'ose dire, a aussi sa part de responsabilité", a ainsi souligné le chef du gouvernement.

"Il faut que ce dirigeant s'en aille sans indemnité de récompense ou retraite chapeau. Ca, ce serait profondément scandaleux!", a-t-il jugé.

Selon la Tribune.fr, Bernard Sevez, nouveau PDG du CIF aurait signé un chèque d'indemnité de retraite de 1,5 million d'euros à M. Sadoun, une information formellement démentie par le CIF.