Pierre Moscovici, le 28 août à Bercy.
Pierre Moscovici, le 28 août à Bercy. - WITT/SIPA

Avec Reuters

Le gouvernement a décidé d'apporter sa garantie au Crédit immobilier de France (CIF), établissement en difficulté après la nouvelle dégradation infligée mardi dernier par Moody's, a annoncé samedi soir Bercy, confirmant une information du figaro.fr. La prise en main du dossier par les pouvoirs publics sera effective «sous réserve de l'autorisation de la Commission Européenne et du Parlement», qui sera saisi dans le cadre de la plus prochaine loi de finances, précise un communiqué.

La Banque postale ayant renoncé pour le moment à racheter le CIF, dont les difficultés de refinancement l'obligent à trouver un repreneur, le prêteur immobilier a appelé l'Etat à la rescousse. Selon Le Figaro, le PDG du CIF, Claude Sadoun, a été contraint de quitter ses fonctions vendredi soir lors d'un conseil d'administration de crise.

Un sauvetage qui ne devrait rien coûter aux contribuables

Son successeur sera choisi par l'Etat et en échange de son soutien, le gouvernement devrait mettre l'établissement sous tutelle, ajoute-t-il.

Le CIF est un petit réseau bancaire de 300 agences, mais plus de 30 milliards d'euros d'emprunts portent sa signature. Ne bénéficiant d'aucun dépôt bancaire, il est dépendant des marchés financiers pour trouver des sources de refinancement. Mais avec la crise que traverse la zone euro, l'agence Moody's estime que le groupe n'est plus viable sans soutien financier.

Depuis la suspension début mai de la cotation de plusieurs obligations sécurisées émises par CIF, les rumeurs d'adossement et de fusion du groupe s'étaient intensifiées, faisant craindre une nouvelle défaillance bancaire en France après le démantèlement de Dexia décidé à l'automne dernier. Le sauvetage du CIF ne devrait pas coûter d'argent aux contribuables car l'établissement est fortement capitalisé, avec 2,4 milliards d'euros de fonds propres, souligne Le Figaro.