Free Mobile a lancé ses offres le 10 janvier 2012
Free Mobile a lancé ses offres le 10 janvier 2012 - PRM/SIPA

Bertrand de Volontat

Free Mobile a déjà généré 320 millions d’euros de revenus au premier semestre 2012 et a surtout attiré 3,6 millions de clients, notamment au détriment des trois opérateurs historiques qui connaissent, pour leur part, une année difficile.

Cette mise en place de Free Mobile répond à une stratégie bien huilée qui nous avait été présentée par Xavier Niel en janvier dernier. Jusqu’ le quatrième opérateur français peut-il aller?

Free Mobile peut-il continuer d’accroître son nombre de clients?

Free Mobile a attiré 3,6 millions d'abonnés mobiles, soit 5,4% du parc français en moins de six mois. La marge de croissance est importante. «En termes de croissance de son parc, tout dépendra des concurrents», concède Vincent Teulade, directeur spécialiste télécoms au cabinet PWC. Il est vrai que les trois opérateurs historiques communiquent sur la baisse des départs de leurs clients. Et la baisse de leurs tarifs pourra convaincre les récalcitrants de rester.

Pour Alexandre Latrides, analyste chez Oddo Securities, «Free va continuer à prendre des parts de marché – pour atteindre 5 millions de clients, d’ici la fin de l’année, ndlr - et ce n’est pas une surprise, explique-t-il. Leur rythme de croissance est très supérieur à ce qui était attendu. Ils ont un objectif à terme de 15% de parts de marché et peuvent avoir la prétention de 25%.»

L’analyste explique qu’il est simple pour un nouvel acteur de grignoter des parts de marché au début car chaque nouvel arrivant est un nouveau client. Pour un opérateur comme Orange, qui perd 6 millions d’abonnés chaque année, avant d’en gagner un, il faut d’abord en gagner 6 millions. 

Conserver son avance: Quid des tarifs et de la 4G?

«Il ne devrait pas y avoir de changement de tarifs car leur offre est bien positionnée», dit Vincent Teulade. «Les tarifs resteront bas», confirme Alexandre Latrides. «Free conservera un gap tant qu’ils souhaiteront gagner des parts de marché.»

 «La 4G [pour rappel, Free dispose de la première licence 4G, et pas de la seconde] n’amènera qu’un lent renouvellement du parc, à l’image de ce qui s’était passé avec le passage de la 2G à la 3G», conclut Vincent Teulade.

Il faudrait attendre deux à trois ans, selon les analyses, avant de noter un désavantage comparatif entre Free et les autres opérateurs, mais nul ne sait de quoi l’avenir de Free sera fait.