Le gouvernement arrondit les angles avec un patronat sur le qui-vive

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Publié le 31 août 2012.

ECONOMIE - Le gouvernement entend créer un nouvel environnement favorable au développement des entreprises...

Le gouvernement et le patronat, sur le qui-vive, ont arrondi les angles à l'occasion de l'université d'été du Medef, mais la réforme fiscale attendue dans le cadre du budget 2013 sera déterminante pour tenter de surmonter leurs divergences.

De mercredi à vendredi, pas moins de dix ministres, dont Jean-Marc Ayrault, ont fait le déplacement à Jouy-en-Josas (Yvelines) pour rassurer les patrons sur les intentions du gouvernement, tout en défendant les orientations qu'ils entendent prendre.

Environnement favorable au développement des entreprises

«C'est un nouvel environnement favorable au développement des entreprises que le gouvernement est en train de créer» et pour cela «nous avons besoin les uns des autres», a lancé Ayrault. «Je crois aux vertus du dialogue entre le gouvernement et les partenaires sociaux», a poursuivi le premier chef de gouvernement à se rendre à l'université d'été du mouvement patronal.

Arrivé et reparti accompagné de sa présidente, Laurence Parisot, Jean-Marc Ayrault a également voulu rassurer les patrons inquiets des projets fiscaux et sociaux de son gouvernement, en particulier de la promesse de taxer à 75% la part des revenus excédant un million d'euros.

«La réforme fiscale visera à améliorer le financement de l'économie, l'investissement et la compétitivité des entreprises», contrairement à ce qu'affirment les patrons, a-t-il dit. Pour l'heure, «les arbitrages ne sont pas pris», même si «certains veulent se faire peur», a-t-il relevé.

Le coût du travail n'est pas une revendication taboue

A ce titre, les éclaircissements apportés par le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, ont rassuré. Mme Parisot s'est dite «contente» de voir qu'il n'était «pas question» d'inclure les biens professionnels dans l'assiette de l'ISF dans le budget pour 2013. Moscovici et ses collègues de Bercy, Jérôme Cahuzac et Arnaud Montebourg, se sont aussi attachés à lever certains malentendus.

Le coût du travail, au coeur des revendications patronales, «n'est pas une question taboue», a affirmé Moscovici en indiquant qu'il veillerait «à ce que dans le projet de loi de finances pour 2013, il y ait des mesures qui (aillent) dans le sens de l'investissement, de l'innovation et de la recherche».

Le patron de Total prêt à «se faire entendre»

«Le financement de la protection sociale ne peut et ne doit pas reposer uniquement sur le facteur travail», a-t-il poursuivi sous les applaudissements. Pour autant, «le coût du travail n'est pas une question qui résume toutes les autres», a-t-il ajouté.

Même Montebourg, pourtant critiqué après ses propos contre la direction de PSA Peugeot Citroën, qu'il avait accusé de «dissimulations», a eu droit aux applaudissements de la salle lorsqu'il a appelé les entrepreneurs au dialogue afin de relever l'industrie.

«Quand il y a des risques de désaccord, il vaut mieux discuter», a-t-il déclaré.

Le Premier ministre «n'a pas prononcé le mot (flexibilité, ndlr), a constaté Laurence Parisot, mais je pense qu'il a néanmoins entendu puisqu'il a intégré la notion d'adaptation et je crois que, là, il y a peut-être la souplesse dont nous avons besoin».

«Il faut absolument que dans les semaines qui viennent - et nous saurons rapidement -, il y ait un budget pour la France qui soit un budget pro-entreprises» sans augmentation des charges, qui permette de financer les entreprises et «commence à amorcer une baisse des prélèvements obligatoires», a-t-elle insisté.

Même son de cloche chez le patron de Total: habitué au franc-parler, Christophe de Margerie, a martelé vendredi qu'il jugera le gouvernement «aux actes» mais n'hésitera pas à se «faire entendre» si besoin.

Le sérieux désaccord toujours là

Signe que l'objectif gouvernemental a été au moins partiellement atteint, Laurence Parisot a estimé qu'il y avait «plus de chances aujourd'hui qu'il n'y en avait le soir de la conclusion de la conférence sociale au mois de juillet» que le Medef participe aux négociations sur l'emploi en septembre.

En juillet, elle jugeait que la conférence sociale n'avait «pas levé le sérieux désaccord» avec le gouvernement.

© 2012 AFP
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