Emplois d'avenir: «Un choix qui se défend» pour Alberto Lopez

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Publié le 30 août 2012.

INTERVIEW - Rencontre avec Alberto Lopez, directeur du Centre d'études et de recherches sur les qualifications (Cereq), co-auteur d'une étude réalisée pendant dix ans sur les ex-emplois jeunes...

Vous avez rédigé une étude sur l’ex-dispositif des emplois jeunes auxquels sont comparés les nouveaux «emplois d’avenir». Quel bilan dressez-vous de cet ancien programme?

Un bilan mitigé: nous avons constaté que si, à court terme, ces contrats préservaient les jeunes du chômage et de l’emploi précaire, à moyen terme, ils ne facilitaient pas leur accès à un CDI. Autrement dit: les individus passés par un emploi jeune se sont insérés de la même manière que les autres… Mais avec une rémunération moindre. Recrutés à des niveaux de traitement plus bas, leur rémunération accusait toujours à moyen terme un retard plus important: de l’ordre de 230 euros mensuels sur une moyenne de 1.690 euros.

Du coup, quel regard portez-vous sur les emplois d’avenir lancés par le gouvernement ?

C’est un dispositif très différent. Avec les emplois jeunes, les employeurs étaient libres de recruter les jeunes qu’ils souhaitaient, sans restriction de qualification. L’idée était surtout de stimuler la création de nouveaux services. En cette période de crise très forte, le gouvernement a choisi de soutenir ceux qui sont le plus fortement frappés par la crise: les jeunes sans diplôme. Nous pouvons imaginer qu’en termes de trajectoire, le bilan sera différent.

Est-il pertinent d’affecter ces emplois principalement aux secteurs public et non-marchand? 

Miser sur le secteur marchand en période de grande crise, c’est très difficile. Au vu de la conjoncture actuelle, ces emplois d’avenir sont un choix qui se défend et qui répond à l’urgence de la situation. On peut penser qu’il y aura moins d’effet d’aubaine en misant sur le secteur public et que l’intégration de ces jeunes sera plus durable. Ce n’est toutefois pas une certitude. Car si ces jeunes ne sont pas maintenus dans leur poste, il sera très difficile pour eux de valoriser cette expérience dans un autre secteur ou dans le privé.

Propos recueillis par Céline Boff
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