Toulouse, le 10 juillet 2012. Deux jeunes étudiants regardent les annonces de location d'une agence immobilière dans le centre ville.
Toulouse, le 10 juillet 2012. Deux jeunes étudiants regardent les annonces de location d'une agence immobilière dans le centre ville. - FREDERIC SCHEIBER / 20 MINUTES

Bertrand de Volontat

A l’époque j’étais encore étudiant. Etudiant, le temps presse, le portefeuille est compressé. Un euro est un euro, je ne vous apprends rien. Mon stage à Paris débutait un mois après mon arrivée, les échéances étaient resserrées. Alors après m’être inscrit sur les sites d’annonces gratuites en ligne, reçu pendant des semaines avant mon arrivée des alertes sur mon Smartphone, après avoir épluché, à 7h du matin, les journaux d’annonces pendant des semaines sans résultat, et ne voulant pas entrer dans une agence immobilière parisienne car les honoraires (généralement l’équivalent d’un loyer) me paraissent insurmontables, j’ai opté pour une solution intermédiaire. Le vendeur de listes. Sauf que ne me doutant pas un instant de la dénomination de mon interlocuteur, je pense me trouver en agence immobilière. Le flou est parfaitement entretenu. Et puis dans l’empressement…

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Prix plus abordable qu’une agence, mais pour quoi?

Grâce à ma démarche, je reste autonome mais, ce que je pense alors être un service de  professionnels, va m’aiguiller. Et surtout cela me revient bien moins cher par rapport à une agence. Seul hic, il faut payer cash d’entrée, 450 euros. Je ne suis pas confiant mais la vendeuse fait son travail. Une petite page de contrat et un paiement par carte plus tard, me voilà lancé. Le résultat est assuré, je serais logé dans une semaine, juste avant le début de mon stage. Je ne dormirai plus sur le mauvais matelas à terre dans le bureau d’une amie de mes parents.

C’est du moins ce que je me dis en sortant de l’agence. Les 450 euros déboursés tempèrent toutefois mon entrain, comme la sombre impression de m’être fait avoir par un inconnu que je ne reverrai jamais et qui ferme déjà boutique. Mais ces mauvaises pensées me quittent rapidement.

Le marchand de liste n’en a que faire de vos critères

Je me retrouve ainsi en possession d’un guide du parfait locataire mais surtout d’une liste de biens immobiliers en ligne, soi-disant personnalisée et actualisée régulièrement. Résultat décevant: quatre annonces en tout le premier jour, une nouvelle en remplace une autre chaque jour, aucune ne correspond à mes critères prix et superficies. Et au rythme où partent les biens à Paris, cette liste me fait nerveusement sourire.

Quant à l’emplacement des biens proposés, les logements ne sont pas dans les quartiers désirés. Je cherchais un 20m² dans le centre de Paris pour 700 euros maximum, on me propose sur cette «short-list» pourtant exhaustive des 10m² pour le même prix aux portes du nord de Paris. L’agence en effet ne me permettait de choisir que l’option département (75) et nombre de pièces (une). Autant dire, une absence totale de renseignements écrits que j’avais cru compenser en agence en précisant les détails à ma «conseillère».

Appartement sur liste ne veut pas dire appartement disponible

Pire, lorsque j’appelle, décidé à rentabiliser mes 450 euros, les logements sont déjà occupés. Lorsque je me déplace pour une, je rebrousse chemin dans la cage d’escalier insalubre. Clairement, mon agence ne s’y était jamais rendue. Rapidement, l’envie me prend d’appeler mon agence afin de comprendre le fonctionnement de leur liste que je n’ai pas dû comprendre. Mais pas de réponse. Je perds mon temps, je réalise petit à petit que j’ai perdu 450 euros.

Le temps se faisant de plus en plus rare, je me rends au cœur du quartier visé en premier lieu, entre dans une agence à l’enseigne connue et rassurante, dix jours après j’emménage moyennant des honoraires importants mais mérités, le premier week-end de mon stage.

Un mot d’ordre: aucun paiement préalable

Conclusion, si vous ne trouvez rien sur les sites de listes gratuits en ligne (seloger.com, PAP), dirigez-vous vers les agences si aucune bonne opportunité tierce se présente à vous. Et surtout, si vous pensez entrer dans une agence, un seul moyen de vérifier: ne jamais rien payer avant d’avoir eu soit votre liste entre les mains (attention, généralement les marchands vous présentent un bien, qui n’est plus d’actualité) ou avant d’avoir signé votre bail en agence.

J’ai essayé par la suite de me faire rembourser. En vain, une clause m’en empêchant: remboursement sous trente jours avec un nombre de documents à fournir à en faire peur à un notaire. Et non, je n’ai pas appelé le procureur de la République comme la procédure le propose dans ce genre de situation. L’auriez-vous fait?

>> Et vous avez-vous déjà vécu pareille expérience? Racontez-le nous dans les commentaires ci-dessous.