Le 28 juin 2012, les salariés et ouvriers des usines PSA Peugeot Citroën  de France d'Espagne et d'Allemagne manifestaient devant le siège de PSA  avenue de la grande armée à Paris.
Le 28 juin 2012, les salariés et ouvriers des usines PSA Peugeot Citroën de France d'Espagne et d'Allemagne manifestaient devant le siège de PSA avenue de la grande armée à Paris. - A. GELEBART / 20 MINUTES

Claire Planchard

Fini les vacances. Après deux mois de trêve estivale, la direction et les syndicats du constructeur automobile vont reprendre leur bras de fer autour du plan de suppression de plus de 8.000 postes et de fermeture du site d’Aulnay (Seine-Saint-Denis) annoncé mi-juillet.

Gagner du temps

Décidée le 25 juillet lors du dernier comité central d’entreprise, la mission d’expertise confiée au cabinet Secafi a été officiellement lancée ce lundi. Objectif: étudier la situation financière du groupe PSA Peugeot Citroën. Son rapport sera rendu aux alentours du 15 octobre. Un avis que la direction ne sera pas obligée de suivre, mais dont le principal avantage est de faire gagner du temps aux syndicats.

«Le plan d'avant est arrêté et le suivant est bloqué. Il ne se passe plus rien, il n'y a plus de départ, donc plus de pression au départ», commentait vendredi à l’AFP Anne Valleron de la CFE-CGC. «Le groupe de travail, formé par l'ensemble des syndicats, va travailler et discuter au fur et à mesure avec l'expert Secafi pour essayer de trouver des pistes alternatives et examiner ce qui est proposé», détaillait-elle. Le premier rendez-vous doit avoir lieu cette semaine.

Retour de vacances

D’ici là, les syndicats espèrent aussi mobiliser les troupes pour relancer la contestation sociale sur les sites de production.

A Sochaux (Doubs), où le travail reprend ce lundi, la CGT peaufine une journée-concert le 8 septembre autour du centenaire du site, sur fond d’inquiétudes autour du possible transfert de la production de la DS5 vers l'usine Opel de Rüsselsheim en Allemagne. «Pour nous, ce sera une rentrée offensive», promet le responsable CGT Bruno Lemerle ce lundi dans L’Est Républicain.

Mêmes inquiétudes sur le site de la Janais, près de Rennes (Ille-et-Vilaine),face aux rumeurs de délocalisation de la 508 en Allemagne. Alors que la production doit redémarrer mardi 4 septembre  à 13h, des manifestations sont prévues dès le 15 septembre à l'appel de la CFDT pour protester contre le plan de suppressions de 1.400 emplois. L'intersyndicale menée par FO (dont la CGT ne fait pas partie) se réunira dès lundi pour faire le point.

A l’usine d’Aulnay-sous-bois, menacée de fermeture en 2014, rien n’est encore décidé. Les salariés reprendront le travail le 4 septembre après deux mois d’arrêt de travail. «Dès mardi, des assemblées générales seront organisées dans tous les ateliers pour réunir les salariés, faire le point et leur faire prendre conscience qu’il ne faut pas perdre de temps: le compte à rebours est lancé», confie Jean-Pierre Mercier, délégué CGT,  En ligne de mire: l’assemblée générale de l'intersyndicale prévue le 11 septembre.

Rapport du gouvernement

Le même jour, Emmanuel Sartorius l’expert mandaté fin juin par le gouvernement rendra ses conclusions définitives sur les mesures de redressement ainsi que sur la stratégie du groupe PSA à moyen et long termes.

«On n’en attend pas grand-chose», regrette toutefois Jean-Pierre Mercier. «Ce rapport annoncera sans doute que PSA a des difficultés mais pas autant que le dit la direction et demandera de négocier le nombre de licenciements. Mais nous ne sommes pas du tout dans cette optique aujourd’hui», explique-t-il.  Pour la CGT, il s’agit encore et toujours de démontrer que ce plan de restructuration est totalement injustifié.