«La Grèce est déjà plus ou moins sortie de l'euro»

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Publié le 23 août 2012.

INTERVIEW - Alors que François Hollande et Angela Merkel se penchent ce jeudi à Berlin sur le patient grec, Eric Pictet, directeur du bureau de Paris de Muzinich & Co estime qu'une sortie d'Athènes de la monnaie unique serait gérable...

Avec notre partenaire EasyBourse.com...

Les responsables européens semblent de plus en plus divisés sur le maintien de la Grèce dans la zone euro. Un «éclatement» est-il à l’ordre du jour ? 

La Grèce est déjà plus ou moins sortie de l’euro, dans le sens où les actifs (capitaux) ont quitté le pays. Il ne reste que les dettes. Techniquement, une sortie de la Grèce de la zone euro serait gérable. Mais si cela avait lieu, l’annonce ne serait faite qu’au dernier moment. Il faut d’abord s’assurer qu’il n’y a aucun risque de contagion, à l’Espagne ou à d’autre pays. Pour cela, l’Europe doit avancer vers l’union fiscale et budgétaire. 

Etes-vous convaincu par les engagements des dirigeants européens à «tout faire» pour sauver l’euro ? 


Cette déclaration fin juillet de Mario Draghi, le président de la BCE, a été saluée par les investisseurs qui s'inquiétaient de plus en plus de l'évolution préoccupante de la situation au sein de la zone euro. Les actifs risqués, en particulier les actions et les emprunts d'Etat espagnols, ont aussitôt rebondi. En réalité, la peur du précipice est telle qu’on se raccroche à ces promesses. Mais si la BCE ne joint pas le geste à la parole, il y a fort à parier que les tensions vont revenir sur les marchés dès le mois de septembre.

Certains prédisaient un été catastrophique en bourse. Il n’a finalement pas eu lieu. La rentrée s’annonce d’autant plus difficile ?

Ce qui est certain, c’est que les marchés actions ne peuvent pas bien se porter s’il n’y a pas de croissance économique. La hausse des indices observée cet été peut être mise sur le compte d’un rattrapage, mais les fondamentaux, notamment en Europe du Sud, restent inquiétants. 

Plusieurs éléments pourraient engendrer un regain de tensions à la rentrée, notamment la publication du prochain rapport de la Troïka en Grèce, les élections législatives aux Pays-Bas et de la décision du Conseil Constitutionnel allemand sur la validité du Mécanisme Européen de Stabilité. Les investisseurs pourraient également s'inquiéter davantage de la poursuite de la décélération de la croissance économique au sein des marchés émergents et de l'incertitude entourant la politique américaine dans le sillage des élections.

>> Crise de la zone euro: Vers un septembre noir?

Le marché obligataire offre-t-il de meilleures perspectives ? 


Même si elles n’échappent pas à la volatilité due à la crise, les obligations d’entreprises sont un bon investissement en période de faible croissance. Depuis le début de l’année, les obligations «high yield» (obligations à haut rendement) européennes offrent un  rendement au pire» (ndlr : yield to worst, soit lerendement minimum à un instant t) de 8,45%, là où les rendements sur l’obligataire souverain (Bons du Trésor américain, Bunds allemands, etc) sont négatifs. Or, les taux de défaut d'entreprises devraient rester faibles à court terme. Il suffit en effet d’une très faible croissance à une entreprise pour honorer ses échéances. 

Propos recueillis par François Schott ©Easy Bourse
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