Hollande et Merkel se rencontrent à Berlin pour parler de la Grèce

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Publié le 23 août 2012.

ECONOMIE - La chancelière allemande Angela Merkel et le président français François Hollande tenteront d'afficher leur unité jeudi à Berlin lors d'un sommet déterminant pour l'avenir de la Grèce dans la zone euro...

La rencontre des deux poids lourds européens est au centre d'un ballet diplomatique au cours duquel pourrait être décidé un assouplissement des conditions d'austérité imposées à Athènes pour son sauvetage financier.

Un nouveau sursis?

La Grèce qui est entrée dans sa cinquième année de récession, doit réaliser 11,5 milliards d'euros d'économies à travers des coupes budgétaires drastiques et des réformes structurelles. Le Premier ministre grec Antonis Samaras voudrait obtenir un sursis de deux ans, renvoyant à 2016 le retour à l'équilibre des comptes publics jusque là prévu pour 2014. L'Allemagne refuse pour l'instant toute renégociation du plan d'aide et s'est bornée à répéter ces dernières semaines qu'elle ne prendrait aucune décision avant la publication d'un rapport de la Troïka des créanciers internationaux (UE-FMI-BCE). Ce rapport attendu en septembre évaluera l'avancement des réformes mises en oeuvre dont dépend le versement d'une tranche d'aide supplémentaire de 31,5 milliards d'euros. Une position également défendue par le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker : une décision sur la demande grecque d'un délai supplémentaire de deux ans dépendra des «conclusions de la mission» a-t-il déclaré mercredi à Athènes à l'issue d'une rencontre avec Antonis Samaras.

La position de la France est perçue comme plus souple. Sans argent frais, le gouvernement grec pourrait se retrouver rapidement en défaut de paiement, une situation synonyme de sortie de la zone euro, selon certains analystes.

>> Grèce: La sortie de la zone euro peut-elle sauver l'Europe?

>> La Grèce doit-elle sortir de la zone euro?

Souplesse allemande

Néanmoins, «la ligne allemande n'est pas encore complètement définie. Il y a encore une petite marge de manœuvre», estime Claire Demesmay, chercheuse pour l'Institut allemand des relations étrangères DGAP. En outre, François Hollande pourrait se montrer moins offensif qu'au début de son quinquennat, «étant donné qu'il a obtenu le pacte de croissance qu'il voulait et qu'il a pu tourner la page Merkozy», selon elle. «Les marchés ont besoin de savoir si la vision est la même à Paris et à Berlin, c'est la raison pour laquelle la rencontre entre François Hollande et Angela Merkel sera étroitement suivie», a expliqué Ulrike Guérot, chercheuse pour le Conseil européen des relations étrangères.

Après sa rencontre avec Angela Merkel vendredi à Berlin, Antonis Samaras est attendu samedi à Paris. Un calendrier loin d'être anodin, selon Claire Demesmay. «L'objectif pour François Hollande et Angela Merkel, c'est de discuter flexibilité contre garanties. Chacun doit se repositionner après le calme estival sur une ligne commune, avant l'arrivée du Premier ministre grec», a-t-elle commenté.

Pas de décisions essentielles

«Il ne faut pas attendre (de ces entretiens) que l'on prenne les décisions essentielles», avait toutefois prévenu lundi le porte-parole du gouvernement allemand, Steffen Seibert. Selon des sources à Paris, la rencontre Hollande-Merkel doit permettre de trouver un terrain d'entente sur les échéances et les enjeux en Grèce ainsi que pour le reste de la zone euro. «Il sera très important d'entendre ce que dira Samaras et ses engagements pour jauger sa détermination à les tenir», ont précisé ces sources. Pour Angela Merkel, «il s'agit de l'Europe en général, c'est dans cet esprit que je mène mes discussions avec le président français».

A un an des élections législatives en Allemagne, le dossier grec est particulièrement brûlant pour Angela Merkel qui veut éviter de devoir faire voter de nouveau les députés du Bundestag sur le sujet, comme elle y a déjà été contrainte ces derniers mois. L'aile droite de sa coalition des conservateurs (CDU/CSU) et libéraux (FDP) rejette tout délai pour Athènes, tandis que l'opposition de gauche, à la traîne dans les sondages, a averti qu'elle ne voterait aucun nouveau paquet d'aide. François Hollande doit aussi affronter une situation intérieure difficile. Elu sur la promesse de réduire le chômage, il tente de tenir un cap de rigueur budgétaire sans casse sociale malgré des prévisions de croissance en berne.

Avec AFP
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