La France est-elle déjà dans une récession qui ne dit pas son nom?

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Publié le 14 août 2012.

INTERVIEW - La France est soulagée car la France n'est pas en récession, avec une croissance de 0% au deuxième trimestre. Pour combien de temps? Eléments de réponse avec Jean Pisani-Ferry...

Pour la troisième fois de suite, la croissance est nulle au deuxième trimestre 2012. Mais la France échappe-t-elle vraiment de justesse à la récession? Jean Pisani-Ferry, directeur de l’Institut Bruegel, répond à 20 Minutes.

La France est-elle déjà en récession?

Les chiffres sont clairs, l’économie française est à l’arrêt. La production, et donc le revenu national sont au même niveau qu’au printemps 2007. Il n’y a donc eu aucune croissance en cinq ans. La France n’est donc pas en récession mais être en stagnation n’est pas non plus glorieux.

La France sera donc en récession au troisième trimestre?

C’est probable, essentiellement en raison de la situation de la zone euro. La participation du commerce extérieur dans notre stagnation est grande, d’importants partenaires comme l’Italie, l’Espagne, pour qui la situation ne cesse de s’aggraver, et maintenant la Belgique étant en forte récession. La seule chose positive concerne la décision de la BCE.

Repousser sans cesse l’utilisation du mot récession est-il pertinent de la part du gouvernement?

C’est un jeu politique classique dans lequel le gouvernement protège la croissance et la consommation des ménages. Mais tout cela n’a qu’un impact limité, les gens regardent d’autres éléments comme le chômage, le pouvoir d’achat et pour les entreprises, le niveau de leur stocks. Le discours politique peut toutefois aider un peu à garder confiance.

Le fait que l’Insee, qui diffuse les chiffres de la croissance*, soit rattaché au ministère pose-t-il problème?

L’Insee, comme tous les instituts statistiques, devra devenir indépendants à terme. Mais en attendant, l’Insee ne peut pas se permettre de tronquer ou d’arranger ses chiffres pour servir le gouvernement. L’institut est contrôlé au niveau européen et international. Les seuls doutes qui peuvent être émis concernent le fait qu’il s’agit de premières estimations qui pourront être révisées à la baisse ou à la hausse.

Propos recueillis par Bertrand de Volontat

* Pour rappel, la Banque de France a annoncé la semaine dernière une croissance négative de -0,1% au deixième et au troisième trimestre en France. 

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