Les prix de l'essence au plus haut en France
Les prix de l'essence au plus haut en France - DURAND FLORENCE / SIPA

M.B. avec agences

Le gouvernement prendra ses premières mesures visant à endiguer la hausse des prix des carburants à la fin du mois d'août, a déclaré mardi le ministre de l'Economie Pierre Moscovici sur Europe 1. Le gouvernement fera en sorte que les prix des carburants ne soient pas supérieurs à leur niveau actuel, a expliqué le ministre. François Hollande avait proposé pendant la campagne présidentielle de bloquer les prix des carburants pendant une période de trois mois mais ce blocage n'avait finalement pas été mis en oeuvre en raison d'une baisse des cours du pétrole. «Maintenant la question se pose», a dit Pierre Moscovici.

Hausse des prix la semaine dernière

En effet, les prix à la pompe ont poursuivi leur remontée la semaine dernière, avec une hausse de l'ordre de 2 centimes. Le diesel --de très loin le plus utilisé dans l'Hexagone avec plus de 80% de la consommation-- est désormais revenu à environ 3 centimes de son record absolu de la mi-mars (1,4584 euro), tandis que le sans plomb 95 est un peu plus de 6 centimes sous le sien, qui date du 13 avril. Le gazole a atteint 1,4246 euro le litre en moyenne du 3 au 10 août, contre 1,4060 euro la semaine précédente, selon des chiffres compilés par le ministère de l'Ecologie et de l'Energie. Pour l'essence, la hausse a été un peu plus marquée: le sans plomb 95 a grimpé à 1,6007 euro le litre (contre 1,5740 euro une semaine auparavant), tandis que le sans plomb 98 a augmenté à 1,6539 euro (contre 1,6292 euro la semaine précédente). Le diesel, comme l'essence, sont désormais au plus haut depuis les premiers jours de mai, c'est-à-dire juste avant l'élection de François Hollande.

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Selon Pierre Moscovici, il y a un manque de transparence dans la formation des prix de la filière. Un rapport sur la question sera rendu le 24 août. Dès le 28, il rencontrera les compagnies de raffinage et de distribution. «dès cette date nous agirons, nous prendrons les mesures appropriés parce qu'il n'est pas question que les carburants continuent d'augmenter, a ajouté le ministre. On me dit les marges sont infimes, moi je veux savoir ce qu'il se passe».

88% des Français se déclarent favorables à un blocage temporaire du prix de l'essence et du gazole, selon un sondage Ifop paru mardi dans L'Humanité.

Comment bloquer les prix?

Toute la question va être de savoir comment l'exécutif va bloquer les prix. Lundi, l'industrie pétrolière est montée au créneau. Pour le président de l'Union française des industries pétrolières (Ufip),  le gel des prix des carburants envisagé par le gouvernement ne pourra se faire que par le biais des taxes, les marges du secteur étant trop faibles. Du raffinage à la distribution, les marges du secteur ne sont que de 20 centimes par litre et d'un centime seulement pour la distribution, a-t-il ajouté en brandissant la menace d'un «risque d'approvisionnement» du marché français si le gouvernement choisissait d'utiliser ces marges.

Pour Benjamin Louvet, associé-gérant chez Prim Finance, le blocage des prix «reviendrait à subventionner les prix de l'essence».  Un manque à gagner pour l'Etat qu%u2019il lui faudrait récupérer par un autre moyen. «Les consommateurs risquent de payer en impôts ce qu'ils ne paieront pas à la pompe», souligne l'expert interrogé par BFM Business.

Agir sur les taxes, comme le propose l'Ufip, représenterait un défi pour le gouvernement, puisqu'une perte  10 centimes par litre représenterait une perte de recettes de quatre milliards d'euros par an au moment où l'exécutif doit trouver 33 milliards d'euros pour boucler son budget 2013.

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