Les éventuels candidats à la reprise de Doux frais, placé en liquidation par le tribunal de commerce de Quimper, ont jusqu'à ce vendredi soir pour se faire connaître, alors que les 1.700 salariés du pôle frais du volailler finistérien tendent le dos et espèrent une bonne nouvelle.
Les éventuels candidats à la reprise de Doux frais, placé en liquidation par le tribunal de commerce de Quimper, ont jusqu'à ce vendredi soir pour se faire connaître, alors que les 1.700 salariés du pôle frais du volailler finistérien tendent le dos et espèrent une bonne nouvelle. - Fred Tanneau afp.com

avec AFP

La restructuration de Doux risque de laisser de nombreux salariés sur le carreau. Au moins cinq offres de reprise partielle de plusieurs sites du pôle frais du volailler (1.700 salariés) ont été officiellement déposées vendredi matin, date-limite fixée par la justice aux éventuels candidats, apprend-on auprès de l'administrateur judiciaire.

Cinq offres déposées

Les groupes Duc, Glon Sanders associé à Duc, Axereal, LDC et Tallec ont déposé des offres séparées de reprise partielle de cinq sites: Clémont (Cher), Serent (Morbihan), Laval (Mayenne), Boynes (Loiret) et Amilly (Loiret), a précisé l'un des administrateurs, Sophie Gautier. Une sixième offre pourrait être déposée dans le courant de la journée, selon Mme Gautier. Les offres correspondant à chacun des sites et leur contenu n'avaient pas encore été détaillées en fin de matinée.

Le groupe LDC a de son côté précisé avoir déposé une offre de reprise totale de l'abattoir de Laval (Mayenne, 303 emplois). LDC propose par ailleurs la reprise partielle du site de Serent, portant sur 55 des 175 salariés, avec des propositions de postes sur deux sites de LDC dans le Morbihan.

Glon Sanders a pour sa part confirmé avoir déposé conjointement avec Duc une offre sur trois sites situés en région Centre: Clémont (aliment pour volaille), Amilly (couvoir) et Boynes (abattoir de poulets).

Selon une source proche du dossier, une offre concernant le site de Blancafort (Cher, 244 emplois) pourrait être faite vendredi. La quasi-totalité de la dizaine de sites du «pôle frais» (abattage, découpe et conditionnement de la volaille vendue en rayons frais) pourrait ainsi faire l'objet d'une offre d'un repreneur, selon cette source.

Aucune offre n'avait été déposée avant la date limite de vendredi 9H30 pour deux sites importants de ce pôle frais, ceux de Graincourt (Pas-de-Calais, 253 emplois) et Blancafort.

La justice se prononcera en septembre

Le tribunal de commerce de Quimper, qui avait placé Doux frais en liquidation judiciaire début août, devrait se prononcer sur les offres au cours de la première semaine de septembre, lors d'une audience dont la date n'a pas encore été fixée, selon Sophie Gautier.

Les couvoirs Doux de Clémont (15 salariés) et Amilly (18 salariés) ne sont pas des sites du pôle frais, mais les candidats à la reprise du frais ont la possibilité de faire des offres sur d'autres sites du groupe, qui compte au total plus de 4.000 salariés, selon un proche du dossier.

En l'état actuel, les offres préserveraient entre 450 et 500 emplois, sans compter les 134 personnes reprises à Pleucadeuc dans le plan de continuation du groupe Doux, sur un total de 1.704, selon cette source.

Le tribunal a mis en liquidation judiciaire le 1er août dernier le secteur «frais», chroniquement déficitaire, du volailler finistérien mettant sur la sellette 1.704 emplois.

Pour les sites sans repreneur, le tribunal a fixé au 10 septembre la fin de la période d'activité.

L’Etat en renfort

Vendredi matin, le ministre délégué à l'Agroalimentaire Guillaume Garot, a réaffirmé que l'Etat serait prêt à apporter un soutien financier aux repreneurs éventuels, sous certaines conditions. «L'Etat dans le dossier où nous sommes et dans les prochains dossiers où nous serons devra apporter son soutien, de l'argent public avec les collectivités sur la base de projets industriels clairs», a-t-il déclaré sur BFM-TV.

Pour les autres activités de Doux (export et produits élaborés), le tribunal a prolongé la période d'observation jusqu'au 30 novembre, préférant ainsi le plan de continuation du PDG Charles Doux à l'offre concurrente de Sofiproteol, l'établissement financier de la filière huiles et protéines végétales. Ce plan prévoit l'entrée majoritaire au capital de la banque britannique Barclays, qui espère ainsi récupérer ses 140 millions d'euros de créance.