Le stand de l'assurance retraite de la sécurité sociale au Salon des séniors organisé à Paris en mars 2012.
 Le stand de l'assurance retraite de la sécurité sociale au Salon des séniors organisé à Paris en mars 2012. - DURAND FLORENCE/SIPA

Mathieu Bruckmüller

Alors qu’à la retraite la majorité des Français songent à décrocher, ils sont de plus en plus nombreux à travailler. En 2010, sur les 15 millions de pensionnés, 500.000 exerçaient en même temps une activité. Un chiffre qui ne cesse d’augmenter selon un récent rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas).

En effet, plafonné jusqu’en 2003, la pratique a été complètement libéralisée en 2009. Entre 2005 et 2011, le nombre de travailleurs cumulards affiliés au régime général est passé de 120.000 à 310.000. Désormais, entre 7 et 8% des retraités décident de poursuivre une activité, tout comme les professions libérales. Le pourcentage atteint même 11,3% chez les artisans et les commerçants. En revanche, il est bien plus faible chez les fonctionnaires qui obéissent à des règles plus stricts. En 2011, ils étaient tout de même autour de 6.000.

Surtout des hommes de moins de 65 ans

De façon générale, l’instructive étude de l’Igas constate que les retraités-actifs sont majoritairement des hommes (six sur 10), plutôt jeune (la moitié a moins de 65 ans), sauf pour les exploitants agricoles qui sont 44% à avoir plus de 75 ans.

Et contrairement à une idée reçue, les retraités-actifs ont un niveau de retraite et un niveau de vie plus élevé que celui des autres retraités : 1.597 euros par mois en moyenne, soit 339 euros de plus.

Mais l’activité exercée pendant la retraite demeure limitée en termes de revenus. Les  salaires annuels perçus vont de 6.200 euros pour les hommes à 5.010 euros pour les femmes, en moyenne, contre 17.443 euros avant liquidation. Ainsi, le cumul emploi-retraite est limité dans le temps. Dans 50% des cas, il s’arrête au bout de deux ans et seuls 10% vont au-delà des cinq ans.

Un aménagement de fin de carrière

Travailler tout en touchant une pension, pour les retraités-actifs du régime général, «peut être interprété comme un aménagement de la fin de carrière», analyse l’Igas. Chez les artisans et les commerçants, il s’agit plutôt de créer sa propre activité via le statut d’auto-entrepreneur. Une initiative peu lucrative pour beaucoup d’entre eux. En 2010, 27% ont déclaré un chiffre d’affaires nul.

Mais au final, l’Igas considère que le maintien de possibilités de cumul présente de multiples avantages. Outre son impact financier favorable à long terme pour les régimes de retraite puisque les personnes continuent à cotiser, il  favorise l’augmentation du taux d’emploi des plus de 60 ans et apporte de la souplesse dans l’aménagement de la fin de carrière.