Banque: RBS poursuit son assainissement, mais l'ombre du Libor plane

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Publié le 3 août 2012.

BANQUE - La banque britannique RBS, sauvée lors de la crise par l'Etat, qui en détient plus de 80%, poursuit son assainissement, mais la multiplication de provisions pour litiges et un bug informatique ainsi qu'une lourde dépréciation d'actifs ont plombé son résultat semestriel...

"Nous avons lancé notre programme pour changer RBS en 2009 et il continue à bien progresser sur le chemin que nous avions tracé", a relevé Stephen Hester, directeur général de la banque. "Les fruits du changement sont visibles dans de nombreuses activités mais doivent toujours être sécurisés dans d'autres".

Malgré "un contexte économique qui s'est aggravé et la poursuite de la restructuration des activités de marché", la banque a néanmoins dégagé un bénéfice opérationnel au premier semestre 2012 proche de celui du premier semestre 2011 à 1,8 milliard de livres, s'est-il félicité.

Mais son résultat net a chuté, affichant une perte de 1,99 milliard contre 1,42 milliard un an plus tôt, plombé par une lourde dépréciation d'actifs de 2,97 milliards de livres à la suite d'un changement de valorisation comptable.

La banque a également été contrainte de mettre en réserve plusieurs millions de livres au regard de la multiplication des litiges avec des autorités réglementaires britanniques et étrangères, qui ont également entraîné des poursuites en justice.

RBS dispose désormais d'une provision de 50 millions pour les contentieux liés à des ventes de produits de couverture contre les variations de taux d'intérêts. Elle a aussi abondé de 260 millions sa provision pour des ventes forcées d'assurances emprunteur, qui atteint désormais 1,3 milliard au total.

Elle a également mis de côté 125 millions --même si le coût final "pourrait être supérieur"-- après le bug informatique de juin qui a empêché pendant plus d'une semaine ses clients de retirer de l'argent et a perturbé les virements automatiques leur permettant de payer factures, emprunts ou salaires.

M. Hester a déploré cette "ombre importante portée à la réputation" de RBS, qui a "significativement accru" ses dépenses informatiques depuis trois ans.

L'ombre du Libor

Et la série noire n'est pas terminée : un nouveau risque pèse sur ses comptes depuis la révélation fin juin du scandale de manipulations de taux interbancaires entre 2005 et 2009, qui a valu à Barclays de payer, pour l'instant, environ 360 millions d'euros aux régulateurs britannique et américains.

RBS a confirmé avoir renvoyé un "certain nombre d'employés pour faute professionnelle" et dit collaborer avec les enquêtes lancées dans le monde. Elle est également poursuivie dans le cadre de plusieurs actions de groupe aux Etats-Unis.

Mais elle n'a passé aucune provision car "il n'est pas possible de quantifier de manière réaliste les conséquences de ces enquêtes".

Toutes ces affaires "ont tiré la réputation du secteur vers des plus bas", a regretté M. Hester, considérant que le secteur traverse une "période humiliante".

"Les futurs résultats sont asphyxiés par les pressions des autorités de régulation et par des erreurs qui auraient pu être évitées, comme le problème technique de cet été", a relevé David White, du courtier Spreadex, estimant que les résultats semestriels ne sont "pas particulièrement fantastiques".

Richard Hunter, du courtier Hargreaves Lansdown, a estimé qu'"étant donné toutes les distractions, le fait que RBS continue de s'acheminer lentement dans la bonne direction conforte les investisseurs".

D'autant que la banque a annoncé avoir franchi une "étape importante" en remboursant la totalité de "l'important soutien en liquidités apporté par l'Etat". Ce soutien, qui comprenait également des garanties, représentait 75 milliards de livres au total, a précisé la banque.

RBS a continué à se défaire d'actifs non stratégiques à hauteur de 22 milliards de livres. Ils représentent désormais 72 milliards, pour un objectif de 60-65 milliards à fin 2012.

A 11H00 GMT, RBS bondissait de 4,79% à 214,3 pence à la Bourse de Londres (+1,39%).

© 2012 AFP
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