Le scandale des manipulations du taux de prêts entre banques, le Libor, ne "concerne pas" BNP Paribas, a assuré jeudi son directeur général, Jean-Laurent Bonnafé, pour qui ce scandale "est très mauvais pour l'industrie bancaire".
Le scandale des manipulations du taux de prêts entre banques, le Libor, ne "concerne pas" BNP Paribas, a assuré jeudi son directeur général, Jean-Laurent Bonnafé, pour qui ce scandale "est très mauvais pour l'industrie bancaire". - Eric Piermont afp.com

M.B. avec agences

Le scandale des manipulations du taux de prêts entre banques, le Libor, qui éclabousse plusieurs banques d'envergure ne «concerne pas» BNP Paribas, a assuré jeudi son directeur général.

>>Tout comprendre au scandale du Libor

Jean-Laurent Bonnafé était interrogé en marge de la présentation des résultats de l'établissement. Au deuxième trimestre, son bénéfice net est ressorti à 1,85 milliard d'euros, en repli de 13,2% par rapport à un an plus tôt. D'après le consensus établi par la rédaction de Reuters, les analystes tablaient en moyenne sur un bénéfice net de 1,74 milliard d'euros, en baisse de 18%.  A titre de comparaison, la Société générale a fait état mercredi d'un résultat net de 433 millions d'euros pour le deuxième trimestre, pénalisé par des dépréciations sur ses filiales américaine et russe.

Interrogé sur l'opportunité d'une enquête interne, à l'instar de celle lancée par cette dernière, Jean-Laurent Bonnafé Bonnafé a estimé qu'«il n'y a pas besoin de contrôler davantage ce que nous contrôlons tous les jours». Pour le patron opérationnel de BNP Paribas, ce scandale «est très mauvais pour l'industrie bancaire». «Nous sommes très mécontents de la façon dont les choses se passent», a-t-il ajouté.

Revoir le mode de calcul du Libor

Concernant le mode de détermination du Libor, l'un des principaux taux de référence des prêts entre banques établi sur une base déclarative, le directeur général a considéré qu'«il doit être complètement revu». Pour lui, outre la méthode de fixation, une importance particulière doit être accordée aux contrôles. «Il faut des règles, mais ce qui est plus important, c'est qu'elle soient appliquées», a-t-il fait valoir.

La banque Barclays a reconnu avoir manipulé à grande échelle le Libor entre 2005 et 2009 et annoncé qu'elle allait verser 290 millions de livres pour mettre fin à des enquêtes des régulateurs britanniques et américains. Mardi, c'est l'allemande Deutsche Bank qui a reconnu l'implication de quelques-uns de ses employés dans ce scandale mais elle a souligné qu'ils avaient agi «de leur propre chef».

Côté français, le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, avait déjà signalé mi-juillet qu'aucun reproche n'avait été adressé par les autorités aux banques françaises qui font partie des panels permettant la fixation du Libor. Jean-Laurent  Bonnafé a rappelé qu'au même titre que les autres banques membres des panels de fixation du Libor et de l'Euribor, BNP Paribas avait fait l'objet d'une demande d'information, mais qu'il n'y avait eu «aucune suite donnée».