GDF Suez a annoncé jeudi qu'il allait facturer à ses clients particuliers 290 millions d'euros pour compenser le gel des prix du gaz au quatrième trimestre 2011, qui avait été invalidé par le Conseil d'Etat.
GDF Suez a annoncé jeudi qu'il allait facturer à ses clients particuliers 290 millions d'euros pour compenser le gel des prix du gaz au quatrième trimestre 2011, qui avait été invalidé par le Conseil d'Etat. - Fred Tanneau afp.com

M.B.

Reculer pour mieux sauter. En gelant les prix du gaz entre octobre et décembre 2011, le gouvernement Fillon n'a fait que retarder l'inéluctable pour les sept millions de foyers qui se chauffent au gaz. GDF Suez vient d' annoncer jeudi qu'il allait facturer à ses clients 290 millions d'euros pour compenser cette décision de la précédente majorité, qui avait été invalidé par le Conseil d'Etat.

Le groupe a assuré dans un communiqué qu'il le fera de manière étalée pour limiter l'impact de ce rattrapage. Cela devrait se traduire, dans les faits, par un supplément à payer d'environ 38 euros en moyenne. GDF Suez a précisé qu'en accord avec l'Etat, son premier actionnaire avec 36% du capital, il étalerait ce paiement jusqu'à juin 2014. «Pour les clients qui n'utilisent le gaz que pour la cuisson et l'eau chaude, ce complément sera d'environ 20 centimes d'euros par mois en moyenne», a-t-il ajouté.

Mais ces derniers devront dans le même temps faire face à une nouvelle hausse de 2% que vient d'acter le gouvernement de Jean-Marc Ayrault qui va se traduire par une hausse de la facture annuelle de 23 euros en moyenne.

Manque à gagner de 30 millions d'euros

Insuffisant déplore GDF Suez qui évalue à 30 millions d'euros le manque à gagner de ce relèvement, pour son exercice financier du troisième trimestre. En effet, à ses yeux, il ne va pas couvrir en totalité la hausse des coûts d'approvisionnement auquel il fait face. Tandis que le gouvernement prévoit de lancer à l'automne une réforme des tarifs de l'énergie, GDF Suez indique qu'il poursuit ses discussions avec l'exécutif «pour mettre en place un tarif progressif et étendre le tarif social afin de protéger les ménages en difficulté». Cependant, le groupe s'est toutefois dit prêt à «mettre en oeuvre les recours appropriés» contre le plafonnement des tarifs.

Dans le même temps, le groupe a dévoilé jeudi un bénéfice de 2,3 milliards d'euros pour le premier semestre.

A l'ouverture de la Bourse de Paris, l'action gagnait 0,55% à 18,39 euros. Depuis le début de l'année, le titre est en repli de 13%.

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