Les autoroutes rattrapées par la crise

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Publié le 1 août 2012.

ECONOMIE - Le trafic des poids lourds est en nette baisse. Celui des véhicules légers recule aussi, mais dans une moindre mesure...

Le recul inédit enregistré en 2008 du trafic autoroutier, une première depuis 1980, devrait se reproduire cette année. Les chiffres dévoilés par les différents opérateurs ces derniers jours font état d’une baisse qui va de 1,6% à 3,6% en moyenne sur les grands axes de l’Hexagone.

Cocktail détonnant

«Sous l’effet combiné de la crise économique (en France mais aussi en provenance d’Espagne vers qui le réseau est connecté) sur les poids lourds en particulier, de la météo et du moral des ménages sur les véhicules légers», il était difficile de faire autrement, indique Eric Lemarié, analyste chez Aurel BGC. Mardi, Vinci a ainsi fait état d’une baisse de 2,4% du trafic au deuxième trimestre, dont 4,7% pour les poids lourds, sur les autoroutes qu’il gère (Autoroutes du Sud de la France, Cofiroute et Escota).

Situation similaire chez Eiffage (Autoroutes Paris-Rhin-Rhône) avec un repli de 1,6%. La baisse est encore plus importante pour les poids lourds (-3,8%), pénalisés par les difficultés de la conjoncture. En clair, les entreprises fabriquent moins de produits avec la contraction du pouvoir d’achat des consommateurs et le transport trinque.

C’est Sanef (Société des autoroutes du Nord et de l'Est de la France) qui enregistre le plus de difficultés avec une baisse moyenne de 3,6%. La filiale du groupe ibérique Albertis fait néanmoins de la résistance. En effet, de l’autre côté des Pyrénées, ce dernier est confronté à une chute de trafic de 9,1% sur son réseau alors que les autoroutes qu’il détient au Chili, en Argentine et à Porto Rico enregistrent de solides performances (+5%).

Des mois encore difficiles en perspective

Et les mois à venir devraient rester compliqués, surtout pour le trafic poids lourds, dont les déplacements sont vraiment liés à l’évolution de l’activité. En revanche, ceux des particuliers sont plus difficiles à prédire. Pénalisés au début de l’année par la succession de records des prix à la pompe, ils étaient plus tentés de restreindre leurs trajets sur les autoroutes. Or, depuis, les prix des carburants se sont tassés. De plus, l’incertitude quant à l’horizon économique pourrait inciter de nombreux vacanciers à rester en France et donc à davantage fréquenter les autoroutes. Malgré tout, Vinci joue la prudence: «La baisse du trafic sur les réseaux autoroutiers concédés en France pourrait se poursuivre dans la continuité des tendances observées au premier semestre.»

Dans tous les cas, pas de quoi s’affoler pour les opérateurs. Les hausses des prix du péage de février dernier (en moyenne +2,4% pour Vinci Autoroutes et +2,6% pour Autoroutes Paris-Rhin-Rhône) devraient leur permettre d’afficher un chiffre d’affaires 2012 en légère augmentation. Entre avril et juin, les revenus péages de Vinci ont progressé de 0,5%.

Autre motif de satisfaction, nos voisins semblent apprécier les autoroutes hexagonales. Ils sont 15 millions à les emprunter chaque année. Selon un sondage mené par Vinci Autoroutes, si «seulement» 83% des Allemands se disent satisfaits, le pourcentage monte à 91% chez les Espagnols. En revanche, question rapport qualité-prix, le plébiscite est plus mesuré. Alors que 76% des Belges trouvent que celui-ci est meilleur sur les autoroutes françaises que chez eux, ils ne sont que 32% de nos voisins d’outre-Rhin à penser la même chose. Il faut dire qu’en Allemagne, il n’y a pas de péages. C’est l’ensemble des contribuables qui finance les autoroutes par l’impôt.

>>Autoroutes: Où se trouve la meilleure aire de service?

Mathieu Bruckmüller
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