Philippe Poutou, l'ancien candidat à l'élection présidentielle du NPA (Nouveau Parti Capitaliste), lors d’un meeting à Nantes, le 29 mars 2012
Philippe Poutou, l'ancien candidat à l'élection présidentielle du NPA (Nouveau Parti Capitaliste), lors d’un meeting à Nantes, le 29 mars 2012 - SALOM-GOMIS SEBASTIEN/SIPA

Avec agences

Le tribunal de commerce de Quimper a entamé vendredi l'examen des offres de reprise du groupe volailler Doux, notamment celle du consortium Sofiprotéol, face au plan de continuation de l'actuel PDG Charles Doux, avec entrée majoritaire au capital de la banque Barclays. Les débats se dérouleront à huis clos jusque probablement tard dans la soirée.  La décision du tribunal qui engagera l’avenir du groupe devrait être mise en délibéré à une date très proche.

15 offres, mais deux se détachent

Sur la quinzaine d'offres déposées, deux options se détachent dont celle émanant du consortium Sofiprotéol -l'établissement financier de la filière huiles et protéines végétales - regroupant différents acteurs français du secteur volailler, privés et coopératives: Glon Sanders (filiale de Sofiprotéol), Duc, LDC, Terrena, Tilly-Sabco et Triskalia, dont certains ont également fait des offres individuelles.Le plan du consortium semble emporter l'adhésion des organisations syndicales de Doux. Il prévoit le maintien de 2.707 salariés et 371 reclassements sur un total de 4.195 salariés en contrats à durées déterminée ou indéterminée.

De son côté, l'actuel PDG, Charles Doux, propose un plan de continuation en vue de poursuivre la période d'observation, avant la présentation d'un plan global de relance du groupe, annoncé en octobre. L’offre prévoit de préserver environ 3.100 emplois au cas où le pôle frais serait repris par deux sociétés concurrentes, le volailler ne conservant que les pôles export et produits élaborés. Pour ce plan qualifié de «sans risque» par le directeur général du groupe, Michel Léonard, spécialiste de l'agroalimentaire, et soutenu par quelque 250 éleveurs, le volailler s'appuie sur la banque britannique Barclays prête à convertir sa créance (140 millions d'euros) en capital. Elle prendrait ainsi le contrôle de Doux, où la famille fondatrice, actuellement majoritaire à hauteur de 80%, deviendrait actionnaire minoritaire.

Sofiprotéol préféré par les syndicats

«Si c'est le plan de cession au consortium qui se réalise, ce sera plus dur sur l'instant, plus traumatisant, mais c'est ça l'avenir, c'est ça qui peut nous emmener plus loin. La politique de Charles Doux, c'est fini, c'est obsolète», a dit Raymond Gouiffes, délégué central CGT.
«Barclays n'est pas une banque nationale et si elle prend le contrôle de Doux, ce ne sera pas pour investir dans l'outil, ni pour améliorer les conditions de travail», a t-il ajouté.

Peu avant midi, des manifestants sont arrivés avec un cercueil et des poulets vivants qu'ils ont exhibés parmi une foule de 1.000 personnes massées devant le tribunal. En vacances dans la région, l'ancien candidat NPA à la présidentielle, Philippe Poutou, a déclaré : «On vient en solidarité complète (avec les salariés de Doux). On ne veut pas de casse sociale. Il y a Doux, mais il y a 10.000 emplois concernés en tout. (...) On veut pousser le gouvernement à faire voter des lois contre les fermetures de sites et carrément opter pour la réquisition». «Ce dossier-là, pour la Bretagne, c'est l'équivalent de la sidérurgie pour le Nord-Pas de Calais il y a une quinzaine d'années», affirme le député PS de Quimper, Jean-Jacques Urvoas.