Accalmie dans la zone euro, Athènes sous la loupe des créanciers

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Publié le 27 juillet 2012.

ECONOMIE - Les créanciers de la Grèce, UE-BCE-FMI, se sont entretenus vendredi à Athènes avec le Premier ministre Antonis Samaras de nouvelles mesures de rigueur sur fond d'accalmie dans la zone euro après le soutien apporté la veille par la Banque centrale européenne (BCE)...

Le taux d'emprunt à 10 ans de l'Italie est repassé sous le seuil des 6% vendredi sur le marché obligataire et le pays a pu emprunter 8,5 milliards d'euros à six mois à des taux en nette baisse par rapport au 27 juin (2,454% contre 2,957%), après les propos du président de la BCE Mario Draghi qui s'est dit jeudi prêt à tout pour préserver l'euro.

"La BCE est prête à faire tout ce qui est nécessaire pour préserver l'euro. Et croyez-moi, ce sera suffisant", a déclaré à Londres Mario Draghi, tout en soulignant que l'institution avait aussi pour mission de réagir à l'envol des taux d'emprunt.

Ces déclarations ont soulagé les marchés européens et mondiaux sous forte pression depuis le début de la semaine.

Vendredi, les bourses européennes ont également ouvert en reprenant leur souffle après l'envolée de jeudi saluant les déclarations de Mario Draghi.

A 09H42 (07H42 GMT), l'indice de la Bourse de Paris, le CAC 40, grignotait 0,42% à 3.220,35 points après sa forte progression jeudi (+4,07%). L'indice vedette Dax de la Bourse de Francfort, après avoir ouvert en hausse, s'orientait en légère baisse vendredi en milieu de matinée.

A Tokyo, l'indice Nikkei gagnait 1,15% tandis que l'euro, qui était tombé mardi à son niveau le plus faible en plus de onze ans face à la devise japonaise (94,12 yens), se stabilisait au dessus de 96 yens.

Mais si les marchés soufflent, la rigueur imposée dans chaque pays de la zone euro l'un après l'autre pour endiguer la crise de la dette, continue de porter un coup amer à la société.

En Espagne, le chômage a continué sa montée au 2e trimestre, à 24,63%, malgré l'effet saisonnier.

A Athènes, au lendemain de la visite du président de la Commission européenne José Manuel Barroso, qui a réclamé "des résultats" aux Grecs pour pouvoir rester dans la zone euro, M. Samaras s'est penché vendredi en fin de matinée avec les experts de la troïka sur le dossier délicat de nouvelles économies de 11,5 milliards d'euros pour 2013 et 2014.

Soumise depuis deux ans et demi à une austérité stricte par ses créanciers en échange des versements des prêts internationaux, la Grèce doit adopter ces nouvelles mesures qui vont entraîner de nouvelles coupes dans les retraites, les aides sociales, et les dépenses médicales.

"+Le paquet+ des mesures devient plus lourd et plus gros", titrait vendredi le quotidien financer Naftémporiki, faisant allusion à la présentation la veille de ces économies par le ministre des Finances Yannis Stournaras aux experts de la troïka, Poul Thomsen (FMI), Klaus Masuch (BCE), et Matthias Mors (UE).

Faisant preuve de bonne volonté et pour rassurer ses créanciers, le gouvernement grec s'est dit prêt à adopter ces nouvelles mesures visant à réduire le déficit public via la baisse des dépenses publiques et l'accélération des réformes structurelles.

L'objectif du pays est de s'assurer du versement de la prochaine tranche du prêt de 31,5 milliards d'euros vitale pour la Grèce, qui risque toujours de faire faillite sur fond de menaces recurrentes de la sortie du pays de la zone euro.

Tout en assurant que la Grèce "appartient" à la famille européenne, M. Barroso a insisté jeudi sur la poursuite des efforts d'assainissement des finances publiques.

Mais le coût social reste important, insistent les dirigeants des socialistes Pasok et de la Gauche démocratique, Evangélos Vénizélos et Fotis Kouvelis respectivement, qui participent au gouvernement grec de coalition dirigé par le conservateur Antonis Samaras.

Ceux-ci sont sommés d'avaler le nouveau paquet d'austérité sous la menace plus guère voilée de voir la Grèce sortie de la zone euro assez rapidement, alors qu'ils ont été élus sur la promesse d'une renégociation du traité avec la zone euro et le FMI.

"J'ai peur que certains ne pensent que la Grèce doit être sacrifiée comme Iphigénie (héroïne de la mythologie antique grecque) pour qu'un vent favorable souffle de nouveau dans les voiles de la zone euro", a déclaré jeudi M. Vénizélos, qui devait également rencontrer les dirigeants de la troïka à 11H00 GMT.

Ancien ministre des Finances dans le précédent gouvernement de coalition droite-socialistes, M. Vénizélos a réitéré qu'un "nouveau délai d'au moins deux ans" est nécessaire pour l'ajustement budgétaire du pays.

Pour sa part, Fotis Kouvélis, a souligné que "la situation économique est extrêmement difficile et que la société ne supporte plus de saigner".

Signe de la difficulté à faire avaler de nouveaux sacrifices aux Grecs pour acheter leur présence dans l'euro, dans son édition en grec, le quotidien Kathimérini titrait vendredi sur les "divergences" entre les dirigeants politiques de la coalition grecque sur le parquet de mesures. Alors que dans son édition anglophone, liée au Herald Tribune, il titrait sur un "accord de principe global" entre les partenaires de la coalition ("Leaders agree bulk of new cuts").

Par ailleurs, la Commission européenne a autorisé vendredi temporairement les aides publiques qu'ont reçu cinq banques grecques, justifiant sa décision par des motifs liés à la stabilité financière.

Les banques concernées sont Alpha Bank, EFG Eurobank, la Banque du Pirée et la Banque nationale de Grèce qui ont été recapitalisés par le fonds hellénique de stabilité financière, précise un communiqué.

La Commission européenne a également autorisé temporairement une aide publique de 1,7 milliard d'euros accordée dans le contexte de la résolution de la défaillance de la banque Proton. Elle a approuvé la mesure à titre provisoire dans l'attente de sa décision définitive sur le plan de restructuration de la banque Nea Proton, la nouvelle entité juridique créée par l'opération.

© 2012 AFP
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