Eric Heyer: «Les emplois aidés limiteront la hausse du chômage, pas les destructions d'emplois»

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Publié le 25 juillet 2012.

INTERVIEW - Eric Heyer, économiste à l'OFCE, analyse les statistiques du chômage au mois de juin publiées mercredi par Pôle emploi...

Pour le quatorzième mois consécutif, le nombre de demandeurs sans emploi (catégorie A) a progressé de 0,8% en juin, soit 23.700 chômeurs supplémentaires. Sur un an, la progression est de 7,8%, représentant 212.900 demandeurs d’emploi supplémentaires. Eric Heyer, directeur adjoint au département analyse et prévision de l’OFCE, décrypte cette nouvelle augmentation et les solutions proposées par le gouvernement pour l’endiguer.

Cette nouvelle hausse était-elle prévisible?

Oui, sans croissance, il ne fallait pas s’attendre à quelque chose d’extraordinaire. Il faut en effet un point de croissance pour commencer à créer de l’emploi. Avec la croissance nulle que nous avons actuellement et une population active qui augmente, il est logique que le chômage augmente. Il n’y a pas de secret.

Les mesures proposées par le gouvernement, notamment à l’occasion de la conférence sociale, sont-elles de nature à infléchir cette tendance?

Pour stabiliser le chômage, il faudrait créer 100.000 à 150.000 emplois par an. C’est ce que le gouvernement veut faire, notamment avec la montée en puissance des contrats aidés. Avec ce type de mesures, on peut limiter la hausse du chômage. Mais il faut aussi arrêter de détruire des emplois, sans quoi ce n’est pas suffisant pour réduire le nombre de chômeurs.

Le renforcement des dispositifs de chômage partiel visant à prévenir des licenciements peut-il limiter ces destructions?

Jouer sur la durée du travail dans un moment de crise économique est une bonne idée. Mais encore une fois, c’est bien parce que ça permet de limiter la hausse du chômage mais cela représente un coût important pour les finances publiques. En Allemagne, cela a coûté 6 milliards d’euros par an. On attend donc le gouvernement sur ce point à un moment où il est engagé dans une lutte drastique pour réduire les déficits: soit il fait un petit plan avec un petit effet, soit il mène un gros plan mais cela coûtera cher.

Propos recueillis par Claire Planchard
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