Pourquoi l'Iran et le Japon ont plombé les résultats de PSA

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Publié le 25 juillet 2012.

AUTOMOBILE - Le constructeur a dévoilé une perte de 819 millions d’euros au premier semestre...

La chute du marché automobile n’explique pas tout. Loin de là. Aucun analyste n’avait anticipé une telle perte pour PSA Peugeot Citroën sur les six premiers mois de l’année: 819 millions d’euros, contre un bénéfice de 806 millions d’euros un an plus tôt. Le consensus tablait plutôt sur un résultat négatif de 208 millions d’euros.

Bien sûr, la division automobile, déprimée par une baisse anticipée des ventes de 8% sur le Vieux continent en 2012, crise de la zone euro oblige, a accusé une perte opérationnelle courante de 662 millions, contre un bénéfice de 405 millions un an plus tôt. Mais avec la contribution positive des autres activités du groupe que sont Faurecia, l’équipementier dont PSA détient 57%, Gefco, une filiale logistique, et son bras financier Banque PSA, Xavier Caroen, analyste chez Kepler Equities, tablait sur une perte nette de seulement 112 millions d’euros pour l’ensemble du constructeur.

Arrêt des ventes en Iran

Alors, que s’est-il passé? Les causes sont doubles. D’abord, PSA a vu se fermer son deuxième marché en importance après la France: l’Iran, où il écoulait 13% de sa production, soit 455 000 véhicules en 2011. Le renforcement des sanctions économiques à l’égard de la République islamique a amené le constructeur à rompre avec le pays. Une décision qui aurait été précipitée par le partenariat avec General Motors, une des conditions de l'accord étant la rupture des activités avec l’Iran. Résultat, le groupe a été obligé de provisionner les stocks à destination de l’Iran. Montant de l’ardoise: 64 millions d’euros, selon Jean-Baptiste de Chatillon, le directeur financier qui s’exprimait, mercredi matin, lors de la présentation des résultats semestriels. Les ventes des voitures en kits de PSA ont chuté de 31% à travers le monde sur les six premiers mois de l’année, essentiellement en raison de l’Iran. Et il y a peu de chances que les livraisons vers ce pays reprennent. «Je ne suis pas très optimiste», a confié Philippe Varin, le patron de PSA.

La force du yen coûte cher

Autre point, noir: le yen. Le groupe a noué un partenariat avec le groupe Mitsubischi, avec lequel il propose des notamment voitures électriques et des 4x4. Assemblées au Japon, une partie d’entre elles sont revendues en Europe. Problème: la monnaie nippone est extrêmement forte. Un euro vaut environ 95 yens, soit presque le plus bas niveau de la monnaie unique depuis novembre 2000, signe de la défiance des cambistes alors que l’économie de ses pays membres vacille. Au final, entre l’Iran et le yen, le montant des «produits et charges opérationnels non courants s’élèvent à -420 millions d’euros contre -30 millions d’euros au premier semestre 2011», précise PSA. Xavier Caroen craint d’ailleurs que de telles pertes se reproduisent lors des exercices financiers à venir, notamment si le yen continue à s’apprécier face à l’euro.

Dernier élément qui explique les pertes très élevées des six derniers mois: les frais financiers, qui ont atteint 264 millions d’euros, contre 132 millions d’euros un an auparavant. Une différence qui s’explique d’abord par l’impact du remboursement par PSA, de l’emprunt de l’Etat en 2011, «qui a généré une reprise exceptionnelle de charges de 73 millions d’euros». En avril 2009, l’exécutif avait prêté trois milliards d’euros à PSA et à Renault pour les aider à traverser la crise moyennant un taux de 6%. Une avance qui avait rapporté aux finances publiques plus de 300 millions d’euros en intérêts. Mais PSA a dû également faire face à une hausse de charges plus importante que prévue liées à deux émissions obligataires. «Aujourd’hui, le groupe doit payer plus cher pour emprunter sur les marchés», résume Xavier Caroen. Une situation qui ne devrait pas s’améliorer. Fitch Ratings a dégradé mercredi la note à long terme de PSA Peugeot Citroën de BB+ à BB, avec une perspective négative.

Mathieu Bruckmüller
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