PSA: «Le groupe a une petite toux et ils font passer ça pour un cancer»

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Publié le 25 juillet 2012.

AUTOMOBILE - Plusieurs centaines de salariés sont venus manifester mercredi devant le siège PSA pour protester contre la restructuration du groupe...

Après le choc du plan social, la riposte. Bien décidés à empêcher les 8.000 suppressions d’emplois et la fermeture de l’usine d’Aulnay (Seine-Saint-Denis) d’ici 2014, décidés par la direction de PSA, plusieurs centaines de salariés des différents sites du groupe ont convergé mercredi matin devant le siège du constructeur, avenue de la Grande-Armée à Paris, où se tient toute la journée un comité central d’entreprise (CCE).

Démonstration de force

Les manifestants entendent bien faire une démonstration de force avant la trêve estivale. Les six organisations syndicales présentes à l’occasion du CCE où leur étaient exposées, en détail, les mesures de restructuration, ont d’emblée décidé, à l’unanimité, de nommer un expert indépendant qui sera chargé d’indiquer si oui ou non le plan social est justifié. Un point de vue qui s’ajoute à celui nommé par le gouvernement, dont le rapport définitif sera connu le 15 septembre.

Dans tous les cas, pas question de sceller le sort d’Aulnay d‘ici là, martèle François, 18 ans d’usine au compteur. Comme ses collègues, il demande la mise en place de mesures de chômage partiel afin d’éviter le pire. Et une assemblée générale est déjà prévue le 4 septembre prochain à l’occasion de la réouverture du site qui va fermer cinq semaines, dès vendredi, pour les vacances.

La sono à fond

«L’erreur serait de ne plus y croire», renchérit François, vingt ans de maison, qui ne sera pas épargné par la restructuration du site de Vélizy (Yvelines), où se trouve une partie de la recherche et développement. «Il faut sauver notre patrimoine industriel», lâche-t-il alors que la sono poussée à fond fait tourner les chansons de manif comme «On lâche rien» ou «Motivés» de Zebda. Même les «Mains d’or», de Bernard Lavilliers, sont au programme. Le chanteur a d’ailleurs annulé mardi le concert qu’il devait donner à l’usine Peugeot de Sochaux, le 15 septembre, en signe de protestation à la suppression de celle d’Aulnay.

Les tubes sont repris par les sifflets des manifestants de plus en plus bruyants. Dans une rue adjacente, plusieurs cars de CRS stationnent au cas où. Pour rentrer dans le siège de PSA, protégé par une dizaine de «malabars» en costume noirs, il faut montrer patte blanche. Dehors, chez certains, le dépit est palpable. Yann, Dom, Christophe, près de 80 ans de PSA à eux trois, sont venus en TGV, tôt matin, de Metz pour soutenir les «collègues». Leur usine de Trémery va supprimer 52 postes sur 3.740. Encore une fois. «En dix ans, nous avons perdu la moitié de nos effectifs et la cadence a doublé», raconte Christophe. La crainte en bout de ligne de connaître à terme le même sort que les 3.000 employés d’Aulnay.

Le salaire de Varin fustigé

De concert, ils fustigent les 819 millions de pertes annoncées, ce mercredi matin, par la direction, largement supérieures aux anticipations des analystes. Selon eux, elle a «chargé la mule» pour justifier les coupes drastiques dans les effectifs. «Le groupe a une petite toux et ils font passer ça pour un cancer», lance Yann. «Les 8.000 suppressions d’emplois paraissent déraisonnables», résume Fabrice Peufly, délégué CFE-CGC de Poissy. «Non, à la fermeture de l’usine PSA d’Aulnay», «Les Rennais sont fâchés, il ne faut pas les licencier», renchérissent les banderoles. «Parler de problème du coût du travail pour expliquer les suppressions d’emploi quand tu as un salaire de 3,3 millions d’euros par an, ce n’est pas possible», assène Yann, faisant allusion à la rémunération touchée par Philippe Varin, le patron du groupe, en 2010. Passé l’été, pas sûre que la colère soit retombée. La rentrée risque d’être mouvementée.

Mathieu Bruckmüller
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