La discrimination au physique, un sujet tabou
La discrimination au physique, un sujet tabou - VALINCO/SIPA

M.B.

C’est un signe qui ne trompe pas. Les cadres, jusqu’ici épargnés par l’aggravation des conditions économiques, sont petit à petit rattrapés par la crise. Multiplication des plans de restructuration, hausse ininterrompue du nombre de demandeurs d’emploi, croissance en berne, le marché du travail des cols blancs est à son tour frappé. «La crise de la zone euro provoque une forte inquiétude des chefs d’entreprise. Cette conjoncture dégradée entraîne un recul des décisions d’investissement», souligne la dernière note de conjoncture de l’Apec. Si 55% des entreprises interrogées ont recruté au moins un cadre au deuxième trimestre 2012, soit une légère baisse d’un point en un an, seules 46% prévoient d’en recruter au moins un au troisième trimestre 2012, en chute de six points par rapport au troisième trimestre 2011.

Situation contrastée selon les secteurs

Dans le secteur du conseil et services aux entreprises, la proportion d’entreprises ayant recruté au moins un cadre au deuxième trimestre 2012 et la part de celles prévoyant d’embaucher au troisième trimestre 2012 sont en nette chute par rapport à l’an dernier à la même période, respectivement de 15 et 11 points. Les entreprises de banque-assurance affichent un même pessimisme. Dans une moindre mesure, l’ingénierie-R&D et l’informatique sont également mal orientés. En revanche, les autres secteurs affichent un visage plus nuancé. Dans l’industrie, la construction et le commerce-transports, la proportion d’entreprises ayant recruté au moins un cadre au deuxième trimestre 2012 est en légère progression par rapport au deuxième trimestre 2011. Les entreprises de ce secteur affichent toutefois une grande prudence: leurs prévisions de recrutements pour le troisième trimestre 2012 sont en net retrait par rapport à l’an passé, particulièrement dans la construction (moins huit points).

La prudence est de mise

Au final, de plus en plus d’employeurs expliquent que la dégradation des perspectives est le premier motif de non-recrutement. L’Apec voit ainsi «un faisceau de signes négatifs» à l’horizon. La proportion de recruteurs jugeant que la situation économique de leur entreprise s’est dégradée durant ces douze derniers mois est maintenant supérieure à celle estimant qu’elle s’est améliorée (22% contre 19%). Autre phénomène, les entreprises sont moins nombreuses en proportion à être certaines de recruter au troisième trimestre 2012 que l’an passé à la même période (70% contre 75%). Dernière alerte, les employeurs semblent plus prudents dans les profils qu’ils ciblent. En particulier, 39% des entreprises qui prévoient de recruter au troisième trimestre 2012 envisagent d’embaucher des jeunes diplômés, soit quatre points de moins par rapport au troisième trimestre 2011. «Dans une conjoncture difficile, les entreprises préfèrent sécuriser leurs recrutements et privilégient les jeunes cadres avec quelques années d’expérience, opérationnels rapidement», analyse l’Apec.