Et si vous ne pouviez plus gratter de tickets au tabac ou au bar à la rentrée? Les 28.000 buralistes de France, qui rencontrent mercredi la FDJ, tapent du point sur la table pour des raisons financières. La rémunération -de 5% brut sur le chiffre d’affaires des jeux- qu’ils perçoivent n’a pas évolué depuis 1976 –date de la création du Loto- tandis que les charges augmentent et que la FDJ impose toujours plus de jeux. «Augmenter notre rémunération est une nécessité et nous ne demandons qu’à passer de 5 à 6% sur cinq ans», détaille-t-il.
En somme, pour le moment, les buralistes ne récupèrent que 50 euros sur 1.000 euros de mises. Cerise sur le gâteau, la FDJ tire quant à elle 76% de ses revenus des jeux chez les buralistes et est donc très dépendante de ces derniers. La FDJ prévient qu’en cas de désaccord, il reviendra à l’Etat de décider. A ce sujet, François Hollande était, durant sa campagne électorale, favorable à un compromis équitable pour les buralistes. «Nous comptons beaucoup sur la réunion de mercredi», assure quant à lui Jean-Luc Renaud, secrétaire général de la Confédération des buralistes, à 20 Minutes.
Les jeux, véritable poil à gratter pour les deux parties
La FDJ prend le contrepied de ces attaques. Selon l’organisme, qui a généré 11,4 milliards d’euros de mises en 2011, en hausse de 8,5% par rapport à l’année d’avant, les buralistes bénéficient de leurs jeux directement et indirectement. Et les volumes de commissions sont en hausse de 30% sur trois ans, soit 410 millions d’euros, précise-t-elle.
Les buralistes rétorquent pour leur part qu’ils consacrent, selon eux, 50% de leur temps à s’occuper des perdants et des gagnants pour une activité qui représente 20% de leur chiffre d’affaires. «Les jeux sont de plus en plus nombreux et compliqués, notamment le Bingo et il y a quelques années le Mot Croisé», explique Jean-Luc Renaud, qui préconise que l’avis des buralistes soit demandé lors de la création des jeux. «Nous connaissons mieux que la FDJ les clients», assure-t-il. Une solution, selon lui: supprimer des jeux car «même si l’offre est moins grande, la demande sera toujours aussi forte», conclut-il.