Un client achète une grille de Super Loto chez un buralistes parisien le vendredi 13 août 2010.
Un client achète une grille de Super Loto chez un buralistes parisien le vendredi 13 août 2010. - MOREAU/SIPA

Bertrand de Volontat

Et si vous ne pouviez plus gratter de tickets au tabac ou au bar à la rentrée? Les 28.000 buralistes de France, qui rencontrent mercredi la FDJ, tapent du point sur la table pour des raisons financières. La rémunération -de 5% brut sur le chiffre d’affaires des jeux- qu’ils perçoivent n’a pas évolué depuis 1976 –date de la création du Loto- tandis que les charges augmentent et que la FDJ impose toujours plus de jeux. «Augmenter notre rémunération est une nécessité et nous ne demandons qu’à passer de 5 à 6% sur cinq ans», détaille-t-il.

En somme, pour le moment, les buralistes ne récupèrent que 50 euros sur 1.000 euros de mises. Cerise sur le gâteau, la FDJ tire quant à elle 76% de ses revenus des jeux chez les buralistes et est donc très dépendante de ces derniers. La FDJ prévient qu’en cas de désaccord, il reviendra à l’Etat de décider. A ce sujet, François Hollande était, durant sa campagne électorale, favorable à un compromis équitable pour les buralistes. «Nous comptons beaucoup sur la réunion de mercredi», assure quant à lui Jean-Luc Renaud, secrétaire général de la Confédération des buralistes, à 20 Minutes.

Les jeux, véritable poil à gratter pour les deux parties

La FDJ prend le contrepied de ces attaques. Selon l’organisme, qui a généré 11,4 milliards d’euros de mises en 2011, en hausse de 8,5% par rapport à l’année d’avant, les buralistes bénéficient de leurs jeux directement et indirectement. Et les volumes de commissions sont en hausse de 30% sur trois ans, soit 410 millions d’euros, précise-t-elle.

Les buralistes rétorquent pour leur part qu’ils consacrent, selon eux, 50% de leur temps à s’occuper des perdants et des gagnants pour une activité qui représente 20% de leur chiffre d’affaires. «Les jeux sont de plus en plus nombreux et compliqués, notamment le Bingo et il y a quelques années le Mot Croisé», explique Jean-Luc Renaud, qui préconise que l’avis des buralistes soit demandé lors de la création des jeux. «Nous connaissons mieux que la FDJ les clients», assure-t-il. Une solution, selon lui: supprimer des jeux car «même si l’offre est moins grande, la demande sera toujours aussi forte», conclut-il.