Quel visage pour le pouvoir d'achat des Français en 2012?

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Publié le 24 juillet 2012.

CONSOMMATION - Sans surprise, la tendance du pouvoir d'achat à la baisse amorcée en 2008 se poursuit dans l'Hexagone avec un recul attendu de 0,5%. Mais quelles caractéristiques a-t-il cette année?...

La capacité réelle d’achat des ménages – le pouvoir d’achat est l’évolution réelle du revenu disponible brut - est en berne au premier semestre après un léger regain en 2011. Pour mémoire, l’Insee prévoit une baisse de 1,2% par unité de consommation pour l’année 2012, soit la plus forte chute depuis 1984, où le recul était de 1,9%.

Seul bémol au calcul de l’Insee, les ménages ne sont pas un tout homogène, et le pouvoir d’achat varie en fonction du niveau de vie des ménages. Mais le calcul a toujours témoigné avec réalisme de la santé financière de l’ensemble des ménages français.

Une reprise éventuelle en 2013

Une croissance presque nulle, une inflation soutenue, l’investissement des entreprises en recul: le climat n’est pas propice à une relance du pouvoir d’achat français. A cela s’ajoute un premier semestre marqué par l’élection présidentielle, généralement imprégnée d’une attente conjoncturelle de la part des électeurs.

Seules les perspectives d’une amélioration pour 2013, le recul de l’euro et la stabilité des prix énergétiques pourraient jouer favorablement dans le sens du pouvoir d’achat des consommateurs, nous indique l’étude trimestrielle de juillet 2012 du Crédit agricole. En revanche le durcissement fiscal, malgré les éventuelles dispositions de soutien de l’économie (comme la hausse de l’allocation rentrée scolaire), tempérera cette légère reprise.

Les entreprises condamnent une hausse du pouvoir d’achat

En 2012, malgré la hausse du Smic et la légère décélération de l’inflation, la masse salariale recule en raison du frein du salaire par tête et du retournement de l’emploi. Le chômage gonfle, les entreprises, sans visibilité, restent prudentes sur le terrain des embauches. Les taux de marge et la volonté de réduire les coûts salariaux conduisent à prendre des décisions nuisant au pouvoir d’achat. L’attente se fait désormais au niveau des dettes souveraines européennes. Les embauches à l’instar des salaires ne redémarreront pas pour autant immédiatement mais les prix devraient quant à eux poursuivre leur ralentissement.

Les décisions du collectif budgétaire et du projet de loi des finances 2013 pèseront essentiellement sur les ménages aisés avec l’alourdissement de l’ISF, l’instauration de la taxe exceptionnelle sur les hauts revenus et la participation à l’effort de 33 milliards d’euros pour atteindre un déficit de 3% l’an prochain.

La relance de la croissance par la consommation prônée par le parti socialiste devra probablement attendre. Mais entre redressement des comptes publics face à la pression internationale et celui des portefeuilles des Français, l’effort collectif primera en 2012. 

Bertrand de Volontat
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