Le plan social va coûter 600 millions d'euros à PSA

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Publié le 25 juillet 2012.

AUTOMOBILE - Le constructeur a dévoilé ses (mauvais) résultats pour le premier semestre...

C'est bien plus mauvais qu'anticipé. PSA a a essuyé une perte nette 819 millions d'euros contre un bénéfice net de 806 millions au premier semestre 2011. «Les résultats ne sont pas bons», mais «PSA n'est pas au bord de la faillitte», a tenu a précisé d'entrée de jeu Philippe Varin, le patron du groupe, mercredi matin.

Au moins 600 millions d’euros de pertes pour la branche auto

Après avoir encaissé une perte de 497 millions d’euros sur les six derniers mois de 2011, les analystes d’Oddo Securities tablaient sur une nouvelle perte opérationnelle de 608 millions d’euros pour sa division automobile. La contribution positive de ses autres activités que sont Faurecia, l’équipementier dont PSA détient 57%, Gefco, une filiale logistique, et son bras financier Banque PSA, devait permettre de ramener la perte nette à 112 millions d’euros selon Xavier Caroen, analyste chez Kepler Equities. Malgré tout, la mauvaise santé de sa principale activité, qui emploie plus de 81.000 personnes en France, a amené le groupe à prendre des mesures drastiques. La suppression de 8.000 emplois dans l’Hexagone et la fermeture programmée de l’usine d’Aulnay (Seine-Saint-Denis), annoncée il y a près de deux semaines, a créé une véritable onde de choc. Le groupe paie là sa surexposition au marché français, avec des coûts salariaux parmi les plus élevés d’Europe, conjuguée à une chute des ventes d’automobiles sur l’ensemble du vieux continent.

Philippe Varin, le patron de PSA, devra préciser demain les dépenses générées par son plan social. Analyste à la Deutsche Bank, Gaëtan Tout le monde avançait la somme de 500 millions d’euros en misant sur 50.000 euros d’indemnités par col bleu et 100.000 euros par col blanc remercié. La fermeture d’Aulnay devrait coûter pas moins de 200 millions d’euros au constructeur pour lui permettre d’économiser par la suite 100 millions d’euros de frais fixes par an. En fait, PSA a indiqué mercredi que le plan de restructuration va lui coûter 600 millions d'euros.

Interrogations sur le partenariat avec GM

La présentation des résultats étaient également l'occasion pour la direction de répondre aux nombreuses interrogations qui entourent son partenariat avec General Motors décidé au début de l’année. Les deux entreprises tablent sur deux milliards de dollars d’économies d’ici cinq ans. Un chiffre relativement prudent puisqu’il représente moins de 2% du budget achats de ces dernières. «A ce stade, l’alliance semble se mettre en place dans de bonnes conditions», mais «les risques d’exécution ne peuvent être écartés», prévient Oddo Securities.

«Plus globalement, nous souhaitons voir dans quelle direction peut aller un groupe sur lequel repose une forte pression de la part des pouvoirs publics», explique Xavier Caroen. Les critiques se sont multipliées, jusqu’au plus haut sommet de l’Etat, parlant de «mensonge» et de «dissimulation» au sujet du plan social de PSA. Les investisseurs se demandent aujourd’hui de quelles marges de manœuvre dispose la direction d’un constructeur dont Arnaud Montebourg n’a pas hésité à dire qu’elle avait un devoir vis-à-vis de la nation France. De son côté, le président de la République, lui, a expliqué qu’en l’état, la restructuration n’était pas acceptable.

Pourtant, «à court terme, le groupe doit impérativement améliorer sa structure de coûts pour assurer sa survie. Le suivi dans les mois à venir de l’exécution des mesures sera donc déterminant. L’amélioration de la structure de coûts relayée par la montée en puissance des synergies dégagées dans le cadre de l’alliance avec GM aurait un impact très favorable sur le titre. Dans le cas contraire, l’avenir du groupe serait clairement compromis et le cours de bourse n’aurait plus grande signification», avertit Oddo Securities. Depuis le 1er janvier, il a perdu presque 50%.

PSA, proie idéale pour un rachat?

Une chute qui amaigrit d’autant la capitalisation de l’entreprise et l’expose à une OPA d’un concurrent. Interrogé sur cette éventualité la semaine dernière, le président du conseil de surveillance de PSA Peugeot Citroën, Thierry Peugeot, a répondu que «tout est possible». «Les attaques dont le groupe fait actuellement l'objet ont un effet immédiat sur (la) perception du groupe. C'est une situation qui est dangereuse», a-t-il indiqué. Cependant, ce scénario a de très faibles chances de voir le jour. «Au vu de la conjoncture très déprimé du secteur, les difficultés financières du groupe et l’enjeu politique qui entoure l’avenir de PSA, il paraît très improbable qu’un concurrent ne cherche à mener une telle opération», conclut Xavier Caroen.

Mathieu Bruckmüller
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