- D.JANIN / AFP

M.B.

Après les recommandations de la Cnam (caisse nationale d'assurance maladie) pour limiter l’inflation des dépenses en France, un nouveau rapport présenté au gouvernement jeudi propose de réaliser 10 à 15 milliards d’euros d’économies, sans accroître les déremboursements qui grèvent le budget des ménages. Commandé par François Fillon, alors Premier ministre, ce document de 93 pages réalisé conjointement par l’inspection générale des finances (IGF) et l’inspection générale des affaires sociales (IGAS) proposent des mesures qui pourraient bien faire grincer des dents. Même si le nouveau gouvernement ne s’estime pas lié par ses conclusions, les ministres du Budget et des affaires sociales les ont accueillis avec intérêt.

Des dépenses qui grimpent en flèche

Il fait dire qu’avec 220 milliards d’euros de dépenses annuelles, la France est le troisième pays de l’OCDE qui consacre le plus de dépenses à la santé. Elles atteignent 3.200 euros par an et par habitant! La part prise en charge par l’Assurance maladie obligatoire s’élève à 167,1 milliards d’euros, répartis à 46,3% en dépenses de soins de ville, 43,6% en dépenses hospitalières et 9,5% en dépenses médico-sociales. Problème, elles ne cessent de croître plus vite que la croissance du PIB. Le but est de limiter son inflation à 2,5% au cours des cinq prochaines années alors que la hausse actuelle se dirige vers les 4%. Ce qui suppose de réaliser 2,8 milliards d’euros d’économies chaque année d’ici 2017. Même si l’actuelle majorité acceptait que les dépenses de santé croissent de 3% par an, les économies à trouver se chiffreraient à deux milliards d’euros par an. Entre 2012 et 2017, c’est donc de 10 à 15 milliards d’euros d’économies qu’il sera nécessaire de réaliser.

Des économies sur les volumes de médicaments prescrits

Dans ce contexte, réduire les volumes de médicaments prescrits permettrait d’économiser 600 millions d’euros. En effet, la consommation française est de 40% supérieure à celle des pays de l’OCDE avec 521 euros de dépenses par an contre 375 euros chez nos voisins européens, en moyenne. Ainsi en 2007, le coût moyen d’une ordonnance était de 73 euros soit quatre fois plus le coût honoraire du médecin.

Réduire de 10% le nombre de pharmacies

Sur les arrêts de travail, 160 millions d’euros pourraient être économisés, 300 millions d’euros sur les actes de biologie, 200 millions d’euros sur les actes de radiologie, 150 millions d’euros sur l’activité des masso-kinésithérapeutes. Le rapport appelle aussi à un recentrage de l’hôpital sur son cœur de métier en désengorgeant notamment les urgences. Parmi les mesures chocs, il préconise de réduire de 10% le nombre des pharmacies d’ici 2016 ainsi qu’une baisse de leurs marges pour 150 millions d’euros d’économies à la clé. Il cible aussi le prix des médicaments notamment celui des génériques 25% plus cher qu’en Allemagne. Le gain possible serait ainsi de 500 millions d’euros. Au total, les économies possibles sur les médicaments pourraient atteindre pas loin de quatre milliards d’euros d’ici 2017.