Grève chez Regional: «Air France veut nous étouffer»

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Publié le 20 juillet 2012.

INTERVIEW - Marc Fradet, responsable syndical au sein de la filiale d'Air France, explique les raisons du mouvement de grève lancé ce vendredi pour quatre jours...

 L’exaspération est à son comble chez les pilotes de la compagnie Régional, filiale à 100% du groupe Air France. La compagnie spécialisée dans les liaisons nationales et européennes a lancé un mouvement de grève du 20 au 23 juillet pour dénoncer les conditions de négociation du plan de restructuration «Transform 2015» piloté par Air France et son syndicat SNPL. Marc Fradet, président du syndicat des personnels navigants techniques de Régional, Flight Union Cockpit, explique les raisons du mouvement.

Pourquoi lancer ce mouvement social aujourd’hui?

On ne fait quasiment jamais grève chez Regional: les salariés sont plutôt heureux de leur situation et de leur entreprise. L’objectif du mouvement n’est pas mercantile, nous ne portons pas de revendications salariales. Nous voulons dénoncer le diktat d’Air France par rapport à ses filiales et exprimer notre ras-le-bol vis-à-vis de son syndicat SNPL. Ils sont en train de nous étouffer sous prétexte de rentabiliser les courts et moyens courriers chez eux.

Que reprochez-vous précisément à Air France?

Avec la mise en place des «bases province», Air France s’était déjà attaquée au cœur de notre trafic: la compagnie nous a éjectés de Toulouse et de Marseille où nous avions des équipages et des avions puis nous a piqué des lignes qui rapportaient de l’argent, si bien qu’on se retrouve aujourd’hui avec des sureffectifs sur les bras et des avions qui ne volent plus. Maintenant, avec l’accord-cadre négocié avec le syndicat SNPL d’Air France, ils en rajoutent une deuxième couche avec la création du «Pôle Régional».

En quoi ce projet met-il en cause la viabilité de Regional?

Après avoir essayé de se refaire une santé sur notre dos avec les bases province, le syndicat d’Air France est en train de redéfinir notre périmètre. Dans le cadre du pôle régional, le court courrier d’Air France va se gérer avec un rapprochement de ses filiales, Régional, mais aussi Britair et Airliner. Or, il prévoit déjà de nous brider à des avions de 110 places. Quand on sait que les compagnies low-cost ont des capacités de 150 à 180 places et donc des coûts au siège beaucoup plus bas, il est évident que nous ne pourrons pas tenir la concurrence. C’est d’autant plus incompréhensible que nous autres filiales avions vocation, avec des coûts deux fois moins importants que ceux d’Air France, à aller nous battre sur le terrain du low cost. En réalité, la seule explication c’est que les pilotes d’Air France se sentent en danger et cherchent à se préserver parce qu’ils savent que nous sommes payés deux fois moins chers qu’eux.

Comment se présente la mobilisation en ce premier jour de grève?

La compagnie annonce 30% du trafic bloqué mais cela devrait atteindre plus de 50% dès demain et on espère un blocage complet dimanche et lundi

Propos recueillis par Claire Planchard
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