Le gouvernement a réuni jeudi une douzaine d'entreprises françaises qui ont décroché des contrats pour les Jeux olympiques de Londres, dont beaucoup représentent des niches très spécialisées et bénéficient ainsi d'une vitrine pour se développer à l'exportation.
Le gouvernement a réuni jeudi une douzaine d'entreprises françaises qui ont décroché des contrats pour les Jeux olympiques de Londres, dont beaucoup représentent des niches très spécialisées et bénéficient ainsi d'une vitrine pour se développer à l'exportation. - Eric Piermont afp.com

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Le gouvernement a réuni jeudi une douzaine d'entreprises françaises qui ont décroché des contrats pour les Jeux olympiques de Londres, dont beaucoup représentent des niches très spécialisées et bénéficient ainsi d'une vitrine pour se développer à l'exportation.

Du chauffage au bois du village olympique, aux drapeaux des 204 délégations, en passant par les textiles techniques couvrant le toit des stades, les lanceurs et pigeons d'argile du ball trap, les transports et l'énergie, une quinzaine de grandes entreprises et PME françaises ont remporté des appels d'offres pour les Jeux, qui débutent le 27 juillet.

Parmi elles figurent des grands groupes tels qu'EDF, GDF Suez et Keolis, une filiale de la SNCF, ainsi que des entreprises de taille intermédiaire (ETI) et petites et moyennes entreprises (PME).

Ces sociétés ont pour point commun d'être "toutes innovantes" et "une entreprise qui innove a toutes les chances d'exporter", a déclaré la ministre du Commerce extérieur Nicole Bricq.

Si les Jeux de Londres sont "une vitrine formidable", "les compétiteurs qui sont là, qui ont gagné, ne se reposent pas sur leurs lauriers, ils pensent déjà à la compétition d'après", a-t-elle déclaré dans une allusion aux nombreux rendez-vous mondiaux qui suivront.

Ainsi Laporte Ball Trap, qui a remporté le contrat pour la fourniture des pigeons d'argile et des machines des épreuves de ball trap, participera à ses cinquièmes Jeux consécutifs.

Cette entreprise familiale, dont le chiffre d'affaires s'élève à 15 millions d'euros, a misé sur son côté britannique: la moitié des 200 millions de pigeons qu'elle produit chaque année est issue d'une usine située près de Londres, le reste étant fabriqué dans l'Oise.

Basée à Biot (Alpes-Maritimes), elle représente en outre "la moitié du marché anglais" et fournit "la famille royale d'Angleterre".

- "bien fier" -

"90% des contrats des Jeux ont été attribués à des entreprises britanniques pour un budget global officiel de 11 milliards d'euros", a souligné le ministère.

"Le secret de la réussite c'est de jouer collectif", a déclaré la ministre déléguée aux PME et à l'Innovation Fleur Pellerin, qui se trouvait avec la ministre des Sports Valérie Fourneyron aux côtés de Mme Bricq: "les grandes entreprises ont un rôle, une responsabilité, d'emmener avec elles des PME, des ETI à l'exportation".

Compte.R., dont le chiffre d'affaires est de 30 millions d'euros, a ainsi installé la chaudière du village olympique pour 900.000 euros après avoir remporté, face à une douzaine de chaudiéristes européens, un appel d'offre de GDF Suez, a expliqué son président Dominique Compte.

"Cela a dynamisé l'ensemble des collaborateurs: tout le monde est bien fier", a raconté le président de cette société de 120 salariés en France, avec des filiales au Belarus, en Pologne et au Canada. "Des contrats comme celui-là nous permettent d'être plus connus", a-t-il ajouté.

Pour Doublet, le leader européen de la fabrication de drapeaux, qui en fournira 12.000 pendant les Jeux, la question du montant est tabou. "C'est un marché intéressant, mais pas supérieur à ce qu'on peut avoir avec le Tour de France", concède Luc Doublet, président du conseil de surveillance.

Depuis Albertville en 1992, cette PME de 300 salariés, au chiffre d'affaires de 45 millions d'euros, se sert surtout des Jeux pour communiquer.

La stratégie du groupe a été de miser sur l'aspect "développement durable" de ses produits, décisif auprès des organisateurs.

"On a développé toute une technologie permettant de ne pas avoir d'emballage, le moins de plastique et de couture possible", raconte-t-il. "En plus, nous sommes basés juste à côté de Londres (à Avelin, dans le Nord) et nous pouvons tout livrer directement en train."