La communauté musulmane de Marseille prie pendant le ramadan.
La communauté musulmane de Marseille prie pendant le ramadan. - FOURMY MARIO/SIPA

M.B.

Malgré la crise économique, le ramadan va se traduire par une forte hausse des dépenses alimentaires des ménages musulmans. «C’est l’occasion de se faire plaisir et d’améliorer le quotidien des repas surtout quand on accueille la famille et les proches», explique Abbas Bendali, le directeur du cabinet de marketing spécialisé Solis. Il évalue à 30% la hausse du caddie moyen durant la période qui doit démarrer vendredi. L’an dernier, sur les cinq millions de Musulmans présents en France, 82% d’entre eux ont jeûné du lever au coucher du soleil.

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Les achats de viande vont peser le plus sur le budget

Pour compenser les privations de la journée, la nuit est marquée par la consommation d’une profusion de denrées. Les achats de viande vont peser le plus fortement dans le budget des ménages. Les feuilles de brick, les dattes, le lait fermenté et les soupes traditionnelles du Maghreb, l’harira et la chorba devraient également connaître un pic de ventes. Idem pour les sodas, colas, boissons fruitées, jus de fruit du rayon frais et les fromages à pâtes fondues utilisés dans l’élaboration de plats orientaux. Dans une moindre mesure les produits de charcuterie, les yaourts nature ou aux fruits, le couscous en graines, les bouillons en cube et les sauces à base de tomate seront également plus présentes sur les tables des consommateurs durant les trente jours à venir.

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Solis évalue le marché à quelque 350 millions d’euros. Une aubaine pour les industriels et les distributeurs. En effet, le marché du halal pèse plus que le bio avec un chiffre d’affaires annuel de 4,5 milliards d’euros. L’essentiel (73%) est dans les mains des commerces traditionnels (boucheries musulmanes, supérettes orientales, marchés…). La restauration hors-domicile type kebab happe 20% des ventes. Les grandes et moyennes surfaces (GMS) ne récoltent que 7% des parts de marché, même si elles progressent grâce notamment aux produits élaborés.

La grande distribution tente de percer

Aux côtés des marques historiques (Dounia, Isla Délice, Rehalal…), des acteurs comme Fleury Michon, Herta, Knorr, Labeyrie, Liebig ou Maggi ont initié une déclinaison halal de leurs produits. Mais les distributeurs ne sont pas en reste. Casino a lancé l’an dernier sa gamme halal. Tout comme Carrefour. Cette année, l’enseigne a créé un catalogue spécial ramadan de 25 pages, une première, valable du 4 juillet au 11 août. Le groupe Casino (Géant/Casino, Hyper Casino, Casino) n'est pas en reste avec la diffusion d'un prospectus spécifique de 20 pages valable du 11 au 21 juillet. Idem du côté d’Intermarché et d’Auchan. «La grande distribution a longtemps sous-estimé ce marché qui aujourd’hui mobilise un véritable plan d’action de la part des enseignes», décrypte Rodolphe Bonnasse, directeur général de CA Com,  groupe de communication dédié au retail. Et ça marche. D'après les dernières données de Nielsen, les ventes en GMS atteignent 69 millions d'euros depuis janvier, en hausse de 7,4% sur un an.

«Le réseau GMS poursuit le développement de son offre halal, avec une stratégie merchandising volontariste», abonde Solis. Mais la marge de progression reste élevée. En effet,  le taux de satisfaction de la localisation du rayon halal dans les grandes surfaces varie de 34% à 72%, selon les enseignes fréquentées et les régions d’implantation, d’après un récent sondage mené par Solis. Globalement, une majorité des personnes interrogées regrette la gamme restreinte de produits halals proposés (51%), le manque de choix dans les marques (54%) et l’insuffisance des offres à un prix intéressant (52%).