C’est fait. Les députés français ont entériné jeudi le durcissement du régime des successions et donations, dans le cadre du projet de loi de finances rectificative pour 2012. L'Assemblée a adopté par 44 voix (PS, écologistes, radicaux de gauche, Front de gauche) contre 17 (UMP, UDI) l'article 4 du «collectif» budgétaire qui modifie profondément des mesures voulues par Nicolas Sarkozy et qui avaient été votées dans la loi TEPA d'août 2007.
L'article voté jeudi ramène de 159.325 à 100.000 euros le montant de l'abattement personnel applicable aux donations en ligne directe, porte de 10 à 15 ans le délai du rapport fiscal et supprime l'indexation des abattements et du barème.
Le rendement de ces mesures est estimé à 140 millions d'euros en 2012, 1,2 milliard en 2013 et 1,4 milliard en régime de croisière à partir de 2014.
L'opposition de droite a vivement dénoncé ces mesures. «Vous stigmatisez ceux qui ont travaillé toute la vie», a dit Alain Chrétien (UMP). "Vous n'aimez pas les familles, vous mettez en cause les familles», a renchéri Hervé Mariton (UMP).
«Nous voulons privilégier le mérite plutôt que l'héritage», a répondu Pierre-Alain Muet (PS) tandis que le ministre délégué au Budget, Jérôme Cahuzac, affirmait que "90% des successions" resteraient exonérées.