La taxe de contribution au service public de l’électricité va augmenter de 1,1 %.
La taxe de contribution au service public de l’électricité va augmenter de 1,1 %. - DURAND FLORENCE/SIPA

Avec agences

La facture moyenne d'électricité d'un ménage français va s'alourdir de 50% d'ici 2020 et atteindre 1.307 euros par an contre 874 euros en 2011, soit une majoration de 433 euros, à cause des investissements élevés du renouvelable et ceux croissants du nucléaire, selon un rapport de sénateurs présenté aujourd'hui.

La consommation plombe la facture

«Se pose aujourd'hui la question d'énormes investissements, on peut parler de 400 milliards d'euros à horizon de 20 ans», a souligné le rapporteur écologiste de cette commission, Jean Dessessard, lors d'une conférence de presse.

La France, qui s'est engagée à atteindre 27% d'électricité renouvelable en 2020 (contre 13% l'an passé), reste l'un des pays les moins chers d'Europe pour l'électricité. Mais les sénateurs soulignent que la consommation étant plus élevée, la facture totale se retrouve gonflée par rapport à nos voisins.

Sur l'augmentation de 433 euros attendue sur la facture (qui est hors TVA), 28% viendront de la taxe dite CSPE (qui inclut notamment les tarifs d'achats subventionnés des énergies renouvelables), 37% des réseaux électriques et 35% de la production d'électricité elle-même.

La filière nucléaire au coeur du sujet

Il ressort des évaluations des sénateurs que les coûts de l'électricité nucléaire française sont encore sous-évalués: en incluant les travaux de maintenance post-Fukushima, la commission les évalue à 54,2 euros par mégawattheure. C'est plus que l'évalution du rapport de référence publié par la Cour des Comptes au début de l'année (49,5 euros) et plus que le prix de l'accès régulé à l'électricité nucléaire historique (ARENH), c'est à dire le prix officiel du courant nucléaire, qui est de 42 euros depuis le 1er janvier.

Le rapport, comme celui de la Cour des Comptes publié au printemps, relève aussi des «incertitudes» supplémentaires notamment sur le démantèlement, plus les coûts d'assurances pour un accident ou des frais de recherche publiques. Des coûts qui porteraient le total à 75 euros du mégawattheure, même si la commission s'est refusée à effectuer officiellement cette addition «parce qu'on n'a pas voulu rajouter des incertitudes aux incertitudes», selon Jean Dessessard.

Une logique de «justification de l'augmentation du coût de l'électricité»

Les travaux de la commission, présidée par le sénateur UMP Ladislas Poniatowski, ont été adoptés par tous les membres à l'exception des communistes qui ont voté contre, dénonçant une logique de «justification de l'augmentation du coût de l'électricité». Des sujets sensibles comme l'avenir du nucléaire ont aussi été évacués en annexes, et n'ont pas fait l'objet d'un vote.

Côté renouvelables, les sénateurs relèvent que l'éolien terrestre est «d'ores et déjà une filière mature et compétitive», avec un prix de 82 euros du mégawattheure. L'éolien en mer reste encore beaucoup plus cher -plus de 220 euros- tandis que le photovoltaïque culmine toujours entre 229 à 371 euros, même si on est redescendu de sommets de 580 euros du fait du tour de vis sur les tarifs d'achat.