Concertation sur les télécoms: «C'est aussi une joute anti-Free», s'inquiète l'UFC-Que Choisir

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Publié le 17 juillet 2012.

INTERVIEW - Edouard Barreiro, responsable des nouvelles technologies à l'UFC-Que Choisir, réagit aux propositions présentées mardi par les opérateurs lors de leur rencontre avec Arnaud Montebourg et Fleur Pellerin...

«Hotlines» payantes et hausse des pénalités de désengagement font partie des pistes évoquées mardi matin par Bouygues Telecom, SFR, Orange et Free lors de la première réunion de travail organisée à Bercy avec Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif, Fleur Pellerin, sa ministre déléguée à l’Economie numérique. Objectif: limiter la casse sociale dans le secteur. Edouard Barreiro, responsable des nouvelles technologies à l’UFC-Que Choisir, doute de l’efficacité de ces propositions.

Des hotlines payantes peuvent-elles permettre de relocaliser des emplois en France?

Sur ce point, il faut rappeler deux choses: d’abord que les hotlines ont commencé à quitter la France bien avant qu’elles soient ne soient plus payantes. Donc il nous paraît étrange que le caractère payant devienne aujourd’hui un critère pour la relocalisation. Par ailleurs, c’est aujourd’hui une activité déclinante. Et donc on ne joue pas là sur le facteur le plus important.
 
Et le durcissement des conditions de désengagement au bout d'un an pour les abonnés engagés pour 24 mois?

Ça n’a pas de sens. Un an après le vote de la loi Chatel [qui prévoit cette clause de libération des contrats, ndlr], un rapport de l'Arcep le régulateur des telecom a mis en évidence que cela n’avait pas créé plus de concurrence. Ce dispositif n’est pas la panacée car il coûte très cher au consommateur. La seule fois où il s’est vraiment appliqué c’est quand Free est arrivé sur le marché avec ses forfaits sans engagements.
 
Les opérateurs visent donc directement la concurrence de Free?

Pour nous, cette proposition est une joute anti-free, qui vise de façon insidieuse à remettre en cause les acquis des forfaits sans engagements et sans téléphone qui permettent une vraie transparence des tarifs et des prestations. Ce qui va arriver, c’est que quand les usagers vont vouloir changer leurs téléphones devenus obsolètes dans les mois à venir, on  leur proposera des contrats verrouillés pendant 24 mois. Cela va poser un vrai problème de concurrence, alors que la concurrence peut se faire autrement que par des téléphones à bas prix, par la qualité du service notamment.

Propos recueillis par Claire Planchard
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