Jeune femme visitant un appartement avec un agent immobilier.
Jeune femme visitant un appartement avec un agent immobilier. - POUZET/SIPA

Mathieu Bruckmüller

Du jamais vu depuis octobre 2010. Ceux qui souhaitent investir dans la pierre peuvent bénéficier de financements très accommodants. Selon le dernier baromètre mensuel du courtier Meilleurtaux, les taux dans les dix plus grandes villes de France, en ce mois de juillet, sont toujours orientés à la baisse, partout sous la barre des 4%.

«A ce jour, à 3,30 % sur vingt ans, les taux sont proches de leur plus bas niveau historique. Cela s'explique par le niveau très bas, 2,23% le 16 juillet, du taux de l'OAT 10 ans (qui sert de référence aux banquiers pour fixer le prix auquel ils nous prêtent, ndlr) et la politique de la Banque centrale européenne qui, en abaissant de façon inédite son principal taux directeur à 0,75%, cherche à aider les banques à se refinancer à moindre coût et à favoriser ainsi l'octroi de crédit», explique Sandrine Allonier, responsable des études économiques de meilleurtaux.com. Toutes les conditions sont réunies pour retrouver les 3,20% sur vingt ans enregistrés il y a près de deux ans.

Ce mois-ci, Lille conserve sa place de leader grâce à un taux stable à 3,30% sur vingt ans. «Les banques mènent depuis quelques mois des politiques de taux très offensives pour conquérir les meilleurs clients. Compte tenu de la baisse des transactions immobilières constatée en début d'année, nous bénéficions d'un pouvoir de négociation important auprès de nos partenaires bancaires locaux, ce qui nous permet d'afficher des taux exceptionnels sur les durées inférieures ou égales à vingt ans», explique Sébastien Ritow, directeur de l'agence meilleurtaux.com de Lille. Nantes et Toulouse, avec un taux de 3,35%, restent au coude-à-coude.

Le plancher est crevé à quinze ans

Pour une durée d’emprunt de quinze ans, en revanche, le plancher historique est crevé. A Strasbourg, on peut dénicher un taux de 2,88%, sous le seuil de 3% enregistré en 2010. Et aux dires de Sandrine Allonier, cette baisse généralisée des taux pourrait se poursuivre au moins jusqu’à l’automne prochain.

Pourtant, dans le même temps, les acheteurs sont confrontés, dans cinq villes sur dix, à une hausse des prix de vente. En juillet, Lille a vu son pouvoir d’achat immobilier baisser de 62,2 m² pour 1.000 euros de mensualité à 60,6 m². Ailleurs, il est sable, voire en hausse à Lyon (+1 m²), Toulouse et Bordeaux notamment. Strasbourg reste leader avec 75m² tandis que Paris termine ce classement avec une surface stable correspondant à un studio de 19,8m².