Télécoms: Les consommateurs vont-ils devoir payer pour sauver des emplois?

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Publié le 17 juillet 2012.

CONSOMMATION - «Hotlines» payantes et hausse des pénalités de désengagement font partie des pistes évoquées mardi matin à Bercy pour limiter la casse sociale dans le secteur...

Le consommateur a-t-il été trop favorisé au détriment de l’emploi? Le débat qui secoue le secteur des télécoms depuis l’arrivée de Free Mobile était au cœur de la première réunion de travail organisée à Bercy entre Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif, Fleur Pellerin, sa ministre déléguée à l’Economie numérique et les quatre opérateurs mobiles.

Hotline payante contre relocalisation

Après l’annonce de plans de restructuration chez SFR et Bouygues Telecom, le gouvernement veut aujourd’hui stopper l’hémorragie en aidant les opérateurs à restaurer leurs marges et à rapatrier des emplois en France, notamment dans les centres d’assistance téléphonique installés au Maghreb.

Dès le mois de juin, le ministre du Redressement productif avait appelé Bouygues, SFR, Free et Orange à plancher sur des solutions concrètes. Ce matin, les quatre opérateurs ont mis leurs propositions sur la table.

Parmi elles: la révision de certains points de la loi Chatel, qui depuis 2008 prévoit la gratuité du temps d'attente avant la mise en relation téléphonique avec les services d'assistance technique des opérateurs, ou la possibilité pour un abonné engagé pour 24 mois de se désengager au bout d'un an, et de partir en ne payant que 25% du montant encore dû.

Cette clause de libération des contrats pourrait ainsi être revue en faveur des opérateurs - qui estiment qu'elle n'est plus d'actualité notamment en raison de l'arrivée de Free Mobile et ses forfaits sans engagement sur la durée. 

Autre piste avancée par les opérateurs: la possibilité de mettre en place des «hotlines premium», soit un service supplémentaire payant pour avoir accès plus rapidement à une assistance technique.

Rééquilibrage en faveur des opérateurs

Après l’ère de la concurrence tarifaire au service du pouvoir d’achat des consommateurs, le gouvernement serait-il prêt à favoriser les revenus des opérateurs au nom de la préservation de l’emploi sur le territoire?

«Il faut qu'il y ait un rééquilibrage, le consommateur a été beaucoup favorisé et il faudrait revenir à un état des lieux plus normal, au fait que les télécoms ne soient plus une exception de ce point de vue», a expliqué à l'AFP un responsable sous couvert d'anonymat.

Une situation qui hérisse l’association de défense des consommateurs UFC-Que choisir, pour qui faire payer le consommateur n’a aucune chance de favoriser les relocalisations ou de sauver des emplois.

Plan d’actions à la rentrée

D'autres rendez-vous bilatéraux sont prévus dans les semaines qui viennent. Une nouvelle réunion réunissant tous les opérateurs pourrait avoir lieu à Bercy dans le courant de l'été.

Objectif: présenter «dès la rentrée» «un train de mesures qui permettra d'éviter la casse sociale et de relancer l'investissement, de réconcilier l'intérêt des consommateurs et celui des salariés», a confirmé mardi Fleur Pellerin lors de la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale» 

Claire Planchard (avec AFP)
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