Pôle emploi vient de mettre en place un nouvel indicateur pour mesurer l’incidence de la conjoncture économique sur l’état du marché du travail. Résultat, ceux qui se sont inscrits au chômage au dernier trimestre 2011 courent le risque d’attendre 359 jours avant de retrouver un poste. Du jamais vu, alors que l’indicateur conjoncturel de durée au chômage (ICDC) a atteint son niveau le plus bas au 1er trimestre 2007, avec une durée attendue de 7,5 mois, avant de monter à 12 mois d’attente au deuxième trimestre 2009.
Face au chômage, tous ne sont pas logés à la même enseigne. Les demandeurs d’emploi de 50 ans ou plus, à environnement économique constant, connaissent des durées moyennes de chômage environ 6 mois et demi plus élevées que celles des moins de 25 ans. «La crise, qui a plus fortement affecté les plus âgés, a encore accentué cet écart. Si la durée attendue de chômage des moins de 50 ans tend à décroître légèrement dès le 2e trimestre 2009, elle ne cesse de s’accroître pour les demandeurs d’emploi âgés de 50 ans ou plus», souligne Pôle emploi.
Les femmes plus touchées que les hommes
Et si pour les hommes, la dégradation du marché du travail a culminé au deuxième trimestre 2009, avec un indicateur supérieur d’un mois à celui des femmes, le rebond de la croissance économique au 1er trimestre 2011 leur a, en revanche, davantage profité. Ainsi, leur durée de chômage est redevenue inférieure à celle des femmes.
Par ailleurs, les ouvriers, tout particulièrement les ouvriers qualifiés, sont ceux qui ont le plus souffert de la crise. Alors que cette catégorie de demandeurs d’emploi a traditionnellement une durée de chômage faible, celle-ci devient la plus élevée de toutes les catégories socioprofessionnelles dès le 4e trimestre 2008. À l’inverse, les employés non qualifiés ont été les plus épargnés, les activités tertiaires ayant été les moins affectées.
Des différences régionales se font également jour. La Corse, la Guyane et les Régions du Sud-Ouest se caractérisent ainsi par un indicateur inférieur à la moyenne nationale. A l'inverse, les Pays de la Loire, la Franche-Comté et le Poitou-Charentes ont été les plus touchés par la crise.