L'Unef épingle trente universités pour leurs tarifs illégaux

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Publié le 17 juillet 2012.

EDUCATION - Le syndicat dénonce les dérives de certains établissements, même s'il constate "une nette amélioration" des pratiques...

Trente universités pratiquent des tarifs illégaux pour leurs diplômes, dont six dans des proportions importantes, a annoncé mardi le syndicat étudiant Unef qui relève «une nette amélioration» des pratiques.

Les diplômes nationaux sont régis par des règles strictes: «Un diplôme c'est 180 euros pour une licence et 250 euros pour un master», «tout frais supplémentaire est illégal, mis à part la médecine universitaire», rappelle Emmanuel Zemmour le président de l'Unef, qui publie mardi son rapport annuel sur le sujet. Or, «trente universités ont des pratiques illégales en matière de facturation universitaire, avec des frais de diplômes supplémentaires», selon le dirigeant syndical.

SItuation préoccupante

L'Unef dénonce notamment la situation particulièrement préoccupante selon elle dans six universités où les «frais dépassent les 400 euros, et peuvent aller jusqu'à 800: Grenoble II (diplômes allant jusqu'à 800 euros), Paris I Panthéon-Sorbonne (750 euros), Ponts et Chaussées (676 euros), Strasbourg (600 euros), Toulouse 1 (575 euros), Mulhouse (400 euros)».

«La majorité des frais illégaux recensés pour cette année sont constitués de frais complémentaires obligatoire au titre de frais de dossiers, de frais de bibliothèque ou d'accès à l'informatique», relève le syndicat dans un communiqué. «Ainsi, l'université de Grenoble 2 exige des étudiants inscrits à l'IAE qu'ils s'acquittent de 800 euros pour bénéficier des ressources informatiques et multimédia, lorsque la loi impose à toute université un accès de tous à ces services sans frais supplémentaires», ajoute-t-il. «Il y a toutefois une nette amélioration puisque l'an dernier il y avait 40 établissements pratiquant des frais illégaux et on était au-dessus de 400 euros pour treize d'entre eux. Cela s'explique par le fait qu'on a gagné pas mal de recours devant les tribunaux administratifs avec des universités obligées de rembourser», analyse Emmanuel Zemmour.

Pratiques légales mais abusives

Il fustige toutefois les parades «légales mais abusives" trouvées par "de plus en plus d'universités pour faire payer cher leurs diplômes». A l'instar d'écoles de commerce ou d'établissements comme Sciences Po, elles mettent en place des diplômes qui ne sont plus nationaux, et donc plus régis par les règles de frais d'inscription maximum, explique-t-il. «On trouve ainsi un master de sciences à 9.000 euros à l'université d'Aix-Marseille, ou encore 15.000 euros pour le diplôme LLM (droit) à Paris II Panthéon-Assas», selon le syndicat.

L'Unef «dénonce une tendance inquiétante des universités à aller prendre dans la poche des étudiants, l'argent que l'Etat refuse aux établissements». L'organisation juge «irresponsable de la part d'établissements du service public d'enseignement supérieur de pallier au manque de financements publics par l'instauration d'une sélection financière injuste»et demande aux 30 universités épinglées de se mettre en conformité avec la loi. Elle demande également à «la ministre de l'Enseignement supérieur, Geneviève Fioraso, de prendre ses responsabilités en faisant respecter la loi dans tous les établissements concernés afin que cessent ces pratiques illégales». En réponse, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a publié mardi soir un communiqué dans lequel elle précise qu'elle " prévoit de dépêcher dans les meilleurs délais une mission de l’inspection générale pour recenser ces pratiques illégales et trouver les voies de leur disparition".

D.B. avec AFP

Certains établissements ripostent

Pas ravie de cette mauvaise publicité. L'École des Ponts ParisTech  a démenti vigoureusement ce mardi la mise en accusation de l'UNEF, justifiant sa présence dans le classement du syndicat par « la méconnaissance de son statut». «  L'article 22 du statut de l'École (décret n° 93-1289 du 8 décembre 1993) précise que les recettes de l'établissement comprennent « les contributions des élèves, stagiaires, auditeurs aux frais de restauration ou d'hébergement ou à tous autres frais mis à leur charge ».

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