Bourses en berne 
Bourses en berne  - Petros Giannakouris/AP/SIPA

Mathieu Bruckmüller

Crise financière oblige, la rémunération moyenne des dirigeants des entreprises listées en Bourse a connu un coup d’arrêt l’an dernier. Selon la quatrième étude réalisée par l'association ATH auprès de 163 sociétés cotées, hors CAC 40, banques et assurances, elle a atteint 490.000 euros, contre 508.000 euros en 2010.

A titre de comparaison, les patrons du CAC 40 ont vu leurs émoluments diminuer de 1,5% en 2011 à 2,42 millions d’euros, en moyenne.

Dans le détail, selon l’enquête ATH, tous les dirigeants n’ont pas été logés à la même enseigne. Pour ceux dont l’entreprise a un chiffre d’affaires supérieur à un milliard d’euros, la baisse de rémunération a été de 9%, de 7% pour ceux dont les ventes sont comprises entre 150 millions et un milliard d’euros. En revanche, les groupes pour lesquels le chiffre d’affaires est inférieur à 150 millions ont vu leur rémunération progresser de 9% passant de 219.000 à 238.000 euros.

Des rémunérations déconnectées des résultats

Malgré tout, l’enquête constate que la rémunération des dirigeants n’est toujours pas proportionnellement corrélée à l’évolution des bénéfices des entreprises. En effet, les résultats nets des sociétés réalisant plus d’un milliards d’euros de ventes ont chuté de 37% et de 20% pour celles faisant jusqu’à 150 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Dans ce contexte de crise, Pierre Godet, président d'ATH, s'interroge: «La fonction de dirigeant et les responsabilités qui y sont attachées justifient-elles des écarts de 1 à 60 par rapport aux rémunérations les plus faibles alors que les pouvoirs publics souhaitent limiter cette fourchette à 20 dans le secteur public?» Cet observatoire ne prétend pas répondre à la question. Mais il met en lumière un autre phénomène bien connu: les femmes sont moins bien payées que les hommes. Parmi les 26 femmes du panel, soit 7% du total, la rémunération totale est égale à 66% de celles des hommes. La raison? Elles perçoivent moins d’actions et d’options.