La croissance chinoise au plus bas en plus de trois ans

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Publié le 13 juillet 2012.

ECONOMIE - Elle a atteint 7,6% au troisième trimestre...

C'est vraiment le signe que l'activité économique mondiale patine. La Chine a annoncé vendredi sa croissance la plus faible depuis la crise financière, avec 7,6% au deuxième trimestre. Souffrant de la crise en Europe mais aussi de restrictions sur l'immobilier et de surcapacités dans certains secteurs, la deuxième économie du globe  ralentit depuis un an et demi. De 10,4% en 2010, la croissance est passée à 9,2% l'an dernier, puis à 7,8% durant la première moitié de cette année, a rapporté le Bureau national des Statistiques (BNS).

Les exportations vers l'Europe impactées

Le chiffre de la croissance pour le deuxième trimestre, conforme à la prévision des analystes interrogés par l'agence Dow Jones, est le plus faible depuis les 6,6% enregistrés au 1er trimestre 2009, lorsque les pays occidentaux étaient frappés de plein fouet par la crise économique et financière, et la Chine dans une moindre mesure. Le ralentissement «est principalement dû à la détérioration de l'environnement international, qui a réduit la demande étrangère» pour les produits chinois, a déclaré lors d'une conférence de presse le porte-parole du BNS, Sheng Laiyun. Les exportations vers l'Europe ont été particulièrement touchées. «La demande intérieure a également ralenti sous l'effet des mesures de contrôle macro-économique, en particulier dans le secteur immobilier», a poursuivi Sheng Laiyu. Le gouvernement chinois limite depuis deux ans le nombre d'appartements que les Chinois peuvent acheter, afin d'éviter la formation d'une bulle spéculative dans ce secteur.

La baisse de régime de l'économie est fortement ressentie par les acteurs économiques, d'après Ren Xianfang, une analyste d'IHS Global Insight basée à Pékin qui souligne «l'incapacité de la Chine à absorber une croissance moins forte». Elle relève notamment «la spirale descendante des prix à la production, les stocks grandissants du secteur manufacturier, les bénéfices qui plongent, les faillites et les réductions de salaires» qui se multiplient. Le Premier ministre Wen Jiabao a tiré la sonnette d'alarme cette semaine en décrétant que «stabiliser la croissance» était «la tâche la plus urgente» pour son pays. Afin de soutenir l'activité, la banque centrale a baissé par deux fois les taux d'intérêt directeurs, début juin et début juillet. Ces taux n'avaient pas été revus à la baisse depuis décembre 2008. La banque centrale a d'autre part réduit les réserves obligatoires des banques à trois reprises, entre décembre et mai, pour leur permettre de prêter davantage. «Nous avons déjà assisté à une stabilisation de l'investissement en juin, grâce aux mesures de relance du gouvernement», a déclaré à l'AFP Tang Jianwei, économiste de la Bank of Communications à Shanghai. En juin, les nouveaux prêts accordés par les banques chinoises ont progressé de 16% par rapport à mai.

Mesures d'assouplissement

Pour consolider la croissance, «le gouvernement pourrait prendre davantage de mesures d'assouplissement», estime Lu Ting, économiste de Bank of America - Merrill Lynch, qui s'attend à trois nouvelles réductions des réserves obligatoires et à deux autres baisses des taux d'intérêt d'ici la fin de l'année. De telles mesures sont facilitées par le recul de l'inflation, tombée en juin à 2,2% en rythme annuel. «De nouvelles mesures pour stimuler l'économie sont attendues», estime également Alaistair Chan, de Moody's Analytics. Malgré les difficultés, le gouvernement chinois se dit confiant de parvenir à atteindre son objectif de croissance, fixé à 7,5% pour 2012. «Je pense que l'économie va continuer à connaître une croissance modérée et soutenue durant la deuxième moitié de l'année», a déclaré Sheng Laiyun.

Le ralentissement de la croissance en Chine n'est pas isolé en Asie. Singapour a ainsi annoncé vendredi que son économie s'est contractée de 1,1% au deuxième trimestre par rapport aux trois mois précédents tandis que la Corée du Sud a révisé à la baisse sa prévision de croissance pour cette année, à 3% contre 3,5% en avril.

M.B. avec AFP
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