Philippe Varin, président du directoire du groupe PSA Peugeot Citroën
Philippe Varin, président du directoire du groupe PSA Peugeot Citroën - PRM/SIPA

Céline Boff

«Nous sommes face à un tsunami commercial». Philippe Varin, président du directoire de PSA Peugeot Citroën, justifie ainsi le nouveau plan de suppression de postes annoncé ce matin par son groupe.

L’annonce est choc: 8.000 postes vont être supprimés. Si 1.500 seront reclassés en interne, 6.500 emplois vont bel et bien disparaître. 

Concrètement, le site d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) sera fermé, ce qui vient confirmer les craintes exprimées depuis plus d’un an par les syndicats de l’usine. 3.000 emplois sont concernés, mais 1.500 postes devraient être transférés sur le site de Poissy (Yvelines). «Cette solution est celle qui minimise le plus l’impact social et qui fait le plus de sens sur le plan économique», argue Philippe Varin.

Il faut quand même souligner que les 1.500 CDI d’Aulnay qui seront transférés à Poissy viendront remplacer des intérimaires dont les missions ne seront progressivement plus renouvelées.

A Rennes, 1.400 postes seront également supprimés. Il faut enfin ajouter la suppression de 3.600 postes de structure. Un plan de départs volontaires va être lancé. Il sera ouvert à toutes les catégories (cadres, etc.), mais pas à l’ensemble des métiers. PSA ne souhaite pas donner davantage de précisions sur ce point.

9.900 postes supprimés au total

A noter que ce plan vient s’ajouter à celui déjà annoncé au mois de novembre, qui prévoyait 1.900 suppressions de postes, dont la moitié reclassée en interne. «A fin juin, 70% de ces suppressions ont été réalisées», précise Philippe Varin. Au total, PSA va donc supprimer 9.900 postes et pas moins de 7.450 emplois directs, confirmant ainsi les chiffres avancés par certains syndicats. Ce chiffre ne prend pas en compte les intérimaires et les sous-traitants.

Concernant le site de Sevelnord, où PSA construit des véhicules utilitaires avec l'Italien Fiat, Philippe Varin explique qu’il n’a aujourd’hui aucune certitude, «mais de bons espoirs de trouver une solution dans un avenir proche».

Philippe Varin a également balayé la possibilité d’entrée au capital de l’Etat: «Nous avons une sécurité financière importante. Le sujet n’est pas à l’ordre du jour. De l’argent en plus n’est pas ce qui remplira nos usines».

Revenir à l’équilibre fin 2014

A la question de savoir s’il avait encore la confiance de son groupe et de ses actionnaires, Philippe Varin a répondu: «Le plan proposé est évidemment soutenu par le directoire. Ce plan est absolument nécessaire et je suis absolument déterminé à ce qu’il soit mis en œuvre» avant d’ajouter «le cours de l’action est sur une pente très forte, il est normal que l’actionnaire familial ne soit pas ravi de cette situation». Sur les six premiers mois de l'année, les ventes de PSA ont chuté de 21,6% en France.

«Quand un groupe perd 200 millions d’euros tous les mois on ne pérennise pas l’emploi, et tergiverser plus longtemps nous fait prendre le risque d’un péril plus grand», a également affirmé Philippe Varin. L’ambition de PSA est de revenir à l’équilibre à la fin de l’année 2014. Reste que pour les salariés de PSA comme pour la France, ce plan est déjà un tsunami social.

 Le groupe PSA en France

La filière automobile française emploie près de 10% de la population active. Le groupe PSA Peugeot Citroën, premier constructeur français, compte 100.000 emplois en France, dont 80% dans la division automobile.