Michel Sapin au Conseil national du parti socialiste, le 14 mai 2012.
Michel Sapin au Conseil national du parti socialiste, le 14 mai 2012. - A. GELEBART / 20 MINUTES

Propos recueillis par Mathieu Bruckmuller et Delphine Bancaud

Les douze mois à venir seront chargés pour les partenaires sociaux. Le ministre du Travail, Michel Sapin, détaille leur feuille de route.

A quelles convergences la conférence sociale a-t-elle abouti?

Nous avons tous convergé – Etat, partenaires sociaux et collectivités territoriales – sur la nécessité d’agir vite, ainsi que sur la méthode et le calendrier. Certains sujets étaient délicats, comme le financement de la solidarité. Sur ces questions, il est normal de ne pas avoir de solutions toutes faites. Cette conférence est surtout le début d’un processus de discussions et de négociations. Elle diffère avec les sommets sociaux à la Sarkozy, qui étaient joués avant d’avoir commencé.

Mais face à la montée du chômage, où sont les mesures d’urgence?

Pour faire face, puis inverser la courbe du chômage le plus tôt possible, il faut agir dès maintenant. Les emplois d’avenir sont une mesure d’urgence, qui peut avoir un effet immédiat pour les jeunes. Ils feront l’objet d’un projet de loi présenté au Parlement en octobre. L’objectif est ambitieux, 100.000 en 2013. Difficile de faire plus vite.

Au final, combien de contrats aidés seront déployés en 2012?

Le gouvernement précédent avait tablé sur 340.000. Nous en avons ajouté 80.000. L’objectif pour l’an prochain est d’en mettre en place un nombre comparable, tout en faisant monter en puissance les 100.000 contrats d’avenir prévus.  A ceux là, s’ajouteront  les contrats de génération, qui seront mis en œuvre progressivement en 2013. C’est le deuxième outil d’urgence pour lutter contre le chômage.

La conférence sociale a remis sur la table le débat sur l’allègement du coût du travail, quelles pistes retenez-vous?

La réalité aujourd’hui, c’est la perte de compétitivité de nos entreprises lorsqu’elles sont exposées à la concurrence internationale. D’où l’interrogation sur le financement de la protection sociale par les entreprises. Cette question fera l’objet d’une concertation en 2013.

Quid de la hausse de la CSG?

Elle n’est pas arrivée dans le débat à l’initiative du gouvernement, mais des partenaires sociaux. Le gouvernement n’a pas fait aujourd’hui un choix de cette nature. Il faut regarder le panel des possibilités de contribution, afin de déterminer celle qui sera la plus juste et qui ne freinera pas le développement des entreprises.

Mais la hausse de la CSG aboutirait à une diminution du salaire net. Difficile à faire accepter en période de crise…

Vous avez raison, même si son assiette est l’une des plus justes. Bien plus que la TVA. C’est pour cela qu’il est important d’y réfléchir. Mais je le répète, toutes les options sont ouvertes.

La lutte contre la précarité de l’emploi fera aussi partie des futures négociations des partenaires sociaux. Envisagez-vous de renchérir le coût des CDD et de l’intérim?

Aujourd’hui, le coût de l’indemnisation du chômage à la suite d’un CDD est considérable par rapport aux cotisations versées par les entreprises pour ces contrats. Ainsi, certains partenaires sociaux proposent de moduler les cotisations en fonction de la durée du contrat. Ce sera à eux de trancher dans la négociation.