Christian Noyer: «La réduction des déficits est une condition du retour à la croissance»

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Publié le 10 juillet 2012.

ECONOMIE - Dans un entretien accordé à «20 Minutes», le gouverneur de la Banque de France plaide également pour une réforme du marché du travail...

Mardi, Christian Noyer présentait le rapport annuel 2011 de la Banque de France. L’occasion pour lui d’inviter la France et l’Europe à poursuivre réformes et intégration pour sortir de la crise.

La croissance devrait être négative au deuxième trimestre en France. La récession est-elle à nos portes?

L’activité du deuxième trimestre a été très faible avec une baisse du PIB qui tourne autour de 0,1%. C’est normal dans une période d’attentisme. Ainsi, il est important que le nouveau gouvernement donne de la visibilité sur les décisions budgétaires qui seront prises, notamment en matière fiscale, pour pouvoir très vite rassurer les investisseurs et les consommateurs. Mais nous continuons à tabler sur une reprise graduelle de l’activité au cours du second semestre 2012.

Dans ce contexte, les objectifs de déficit budgétaire (4,5% en 2012 et 3% en 2013) sont-ils tenables?

Ils sont parfaitement tenables et je ne doute pas qu’ils seront tenus. S’ils n’étaient pas tenus, la France créerait de la défiance chez les investisseurs et de l’inquiétude chez les consommateurs et les entreprises. Quand les déficits ne sont pas réduits, selon les engagements pris, tous les agents économiques ont peur des impôts futurs et réduisent leur consommation et leurs investissements. La réduction des déficits est une condition du retour à la croissance.

Après les décisions prises lors du dernier Conseil européen à la fin juin, 120 milliards d’euros mobilisés pour la croissance et progression vers une union bancaire notamment, peut-on dire que la crise de la zone euro est dernière nous?

Les décisions nécessaires ont été prises pour traiter cette crise. Ensuite, il faut ramener la confiance, ce qui prend parfois un peu de temps, mais les conditions nécessaires sont là.

Pour renforcer la croissance en France, vous appelez à une réforme du marché du travail et notamment au rapprochement des différents contrats de travail? Faut-il créer un contrat unique?

Il faut aller dans la direction d’un contrat unique, je pense. Ceci afin de donner plus de souplesse aux entreprises et réduire la précarité des salariés. Une réforme du marché du travail apparaît comme une priorité. Elle devrait conduire à donner plus de poids au dialogue social organisé autour de l’entreprise ou de la branche.

Propos recueillis par Mathieu Bruckmüller
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