Dans une concession automobile en juin 2011.
Dans une concession automobile en juin 2011. - CHAMUSSY/SIPA

Bertrand de Volontat

Les concessionnaires ne roulent plus sur l’or en 2012. Leurs stocks explosent alors que les immatriculations des véhicules neufs baissent, à l’instar du marché des véhicules d’occasion et de l’après-vente. «Une inquiétude particulièrement justifiée au regard des résultats au 1er semestre 2012» note le Conseil national des professions de l’automobile (CNPA), le syndicat a pris l’initiative de mettre la pression sur les constructeurs afin d’aider les concessionnaires à bien négocier.

Un cercle vicieux: moins d’activité, plus de stocks

Le CNPA s’est ainsi tourné via un courrier vers les constructeurs pour les alerter de la situation historique et les faire réagir. Il s’agit du second courrier rendu public, après le premier envoyé en novembre dernier, auquel les constructeurs n’avaient pas répondu. Les concessionnaires souhaitent ici revoir les contrats fixant notamment les objectifs de volumes. La demande porte sur l’arrêt de la pratique d’infusion (voire ci-après) et sur la baisse des objectifs liés la triple rémunération des concessionnaires – payés par les constructeurs: les volumes ventes de véhicules, la qualité, l’après-vente sur nombre de pièces détachées.

La situation est historique, car pour la première fois, l’occasion ne rattrape pas la chute des immatriculations, qui a déjà été plus forte par le passé, lors de la fin de la prime à la casse, des «jupettes» ou des «balladurettes», notent Les Echos.

Le financement ne suit plus

A ce jour, deux concessionnaires sur trois craignent de ne pas pouvoir faire face à leurs échéances de trésorerie au cours de l’été, selon le CNPA. D’autant que les constructeurs transfèrent une partie de leurs stocks aux concessionnaires afin d’alléger leur bilan (ladite pratique d’infusion), alourdissant encore davantage la tâche de ces derniers.

Et les banques de se méfier d’eux, leur demandant d’alléger les stocks s’ils souhaitent être financés. Un véritable casse-tête, preuve d’un modèle qui ne fonctionne plus en temps de crise, bien que «la situation économique ne soit pas la même pour tous les concessionnaires», confie à 20 Minutes une source confidentielle.

Autant dire toutefois que le plan de soutien de l’Etat espéré dans les prochains jours fait figure de sauveur du secteur, notamment sur la partie du financement.